Génériques : remède miracle ?

Les génériques coûtent 30 à 40 % moins cher que les médicaments de marque, dont le brevet tombe dans le domaine public au bout de vingt ans, et dont ils sont la copie. Ils sont fabriqués à partir de la même molécule mais diffèrent par leur forme, leur couleur, leur emballage… Leur diffusion est encouragée par l’assurance-maladie et les complémentaires pour réduire les dépenses de santé.
En 2009, le marché des génériques représentait 23 % des boîtes de médicaments remboursées, générant plus d’un milliard d’euros d’économies pour la Sécurité sociale.
Depuis 2008, 27 nouvelles molécules sont entrées sur le marché des génériques, qui s’étend d’autant plus que le prix du médicament original est élevé. Un manque à gagner que les laboratoires s’évertuent à combler. Une astuce parmi d’autres : une modification du mode de dilution a permis au Solupred, un anti-inflammatoire stéroïdien, de se maintenir, car son générique n’est vendu que sous forme de comprimé effervescent.
Avant l’expiration d’un brevet, les laboratoires de marque jouent aussi sur les diversifications de gamme : nouveaux dosages, association de molécules… Le but est d’orienter les clients vers des segments de marché non accessibles aux génériques. Certaines firmes n’hésitent pas à menacer les génériqueurs d’un procès, histoire de gagner du temps.
Mais la principale stratégie des laboratoires de marque est de fabriquer leurs génériques ou d’absorber un labo de génériques. Ainsi, Sandoz est la filiale générique de Novartis, qui a racheté depuis 2002 plusieurs génériqueurs (Lek, Sabex, Durascan…). Sanofi-Aventis, dont la filiale générique est Winthrop, a acquis Zentiva en 2006. Ces fusions leur permettent d’être en situation de monopole pour une molécule.

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