Suite à l’annonce, dans le troisième plan Cancer, de la généralisation à toutes les collégiennes de la vaccination contre le cancer du col de l’utérus, des médecins lancent une pétition pour la mise en place d’une mission parlementaire sur le sujet.

En tête de la fronde, le Dr Philippe de Chazournes, président de Med’Océan, une association de médecins indépendants de l’Ile de la Réunion. Dans une lettre ouverte au président de la République, il s’interroge sur « la précipitation ayant entouré la mise sur le marché » du Gardasil, phénomène déjà dénoncé par d’autres professionnels de la santé au moment où la première plainte d’une jeune fille, Océane, contre le Gardasil a été déposée, en novembre 2013.

Il souligne que « les conséquences de la vaccination des jeunes filles sont inconnues et que son efficacité reste à prouver, et que l’on risque de se lancer dans une expérimentation à grande échelle, ce qui pose un problème éthique majeur, des effets secondaires graves, même peu nombreux, n’étant pas exclus ».

Il rappelle, entre autres, que ce vaccin ne protège pas de tous les papillomavirus et que « le Haut Conseil de santé publique estime à moins de 20% son efficacité, tout papillomavirus confondus, chez les 16-23 ans ». Il rapporte aussi qu’une étude, réalisée en Australie, semble montrer que la vaccination chez des femmes ayant déjà commencé leur vie sexuelle augmente « le nombre de lésions précancéreuses sévères ».

Depuis 2006, date de mise sur le marché du Gardasil, des incertitudes pèsent sur cette vaccination, au premier rang desquelles son efficacité. Le cancer du col de l’utérus se manifeste d’abord par des lésions précancéreuses qui mettent longtemps à se développer. Selon les experts, il faudra donc attendre au moins vingt ans avant de savoir si le vaccin est utile pour réduire la mortalité liée à cette maladie. Actuellement, ce cancer tue environ 1000 femmes par an.

Ensuite, on ne sait pas encore combien de temps il immunise et si un rappel sera nécessaire ou non. Enfin, des médecins craignent que les jeunes femmes vaccinées ne se soumettent plus au frottis de dépistage comme recommandé, pensant être protégées par la vaccination. Or, le frottis reste indispensable : pratiqué tous les trois ans entre 25 et 65 ans, c’est le seul moyen aujourd’hui de se prémunir à 100% contre le cancer du col de l’utérus. Selon le troisième plan Cancer, il devrait être généralisé prochainement pour que toutes les femmes puissent y accéder gratuitement.