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Gardasil
Prévention

Gardasil : des associations demandent un moratoire

Le Gardasil et le Cervarix, les deux vaccins commercialisés depuis 2006 et indiqués dans la prévention de 70% des cancers du col de l'utérus transmis par des papillomavirus lors de relations sexuelles, sont à nouveau sur la sellette.

Trois associations appellent à un moratoire sur cette vaccination : le Revahb qui regroupe les victimes du vaccin contre l'hépatite B, E3M qui rassemble les personnes atteintes de myofasciite à macrophages (une lésion induite par l'aluminium dans les vaccins) et Amalyste, une association de patients souffrant des syndromes de Lyell et de Stevens-Johnson, une affection très grave engendrée par certains médicaments.

Le Gardasil, le plus utilisé en France, agit sur quatre souches de papillomavirus dont deux -les 16 et 18- particulièrement oncogènes, et le Cervarix protège contre seulement les 16 et 18.

Efficacité incertaine

Or, selon les associations, leur efficacité n'est pas démontrée : d'une part, ils ne protègent que contre 2 à 4 souches de virus alors qu'une centaine existe dont 18  considérées à haut risque de cancer. Par ailleurs, la durée de protection conférée par la vaccination n’est pas encore connue : le cancer du col utérin évolue lentement, entre 15 et 20 ans, on n'a donc pas suffisamment de recul pour savoir s'il permettra d'éviter de sauver des vies.

Les études sur ces vaccins indiquent, néanmoins, qu'ils préviennent les dysplasies de haut grade qui sont les lésions précancéreuses du col, chez les jeunes filles vaccinées qui n'ont jamais été en rapport avec des papillomavirus donc qui n'ont jamais eu de rapports sexuels non protégés.

Plusieurs plaintes déposées

Le pari de la vaccination n'est donc pas forcément injustifié. Sauf que les associations s'interrogent sur les effets indésirables graves. « En France et dans d’autres pays : décès, convulsions, syncopes, syndromes de Guillain-Barré, myélites transverses, paralysies faciale, syndromes de fatigue chronique, maladies auto-immunes, embolies pulmonaires, myofasciites à macrophages, pancréatites...».

En cause, selon elles, l’aluminium, adjuvant utilisé dans les vaccins pour amplifier leur efficacité. Mais une équipe française menée par le Pr Gherardhi a montré ces dernières années que cette substance pouvait provoquer une lésion, appelée myofasciite à macrophages, et migrée dans l’organisme, pouvant dans de rares cas, atteindre le cerveau et s'y accumuler.

Par ailleurs, selon les lanceurs d'alerte, des brins d’ADN viral auraient été retrouvés dans le vaccin par un chercheur nord-américain et des particules de papillomavirus auraient été découvertes dans le cerveau de deux jeunes filles décédées de vascularite, après leur vaccination par le Gardasil.

Une dizaine de plaintes de victimes du Gardasil a déjà été déposée et 25 autres devraient l'être d'ici la fin du mois d'avril.

Le frottis de dépistage sacrifié

Les associations ne sont pas les seules à se poser des questions, certains médecins s'interrogent aussi sur l'utilité de cette vaccination. Le cancer du col de l'utérus tue environ 1000 femmes chaque année. Les projections les plus optimistes misent sur une diminution de 10% de la mortalité par cancer en 2060 si toutes les adolescentes sont vaccinées, soit 100 femmes par an en France. Par ailleurs, la généralisation du frottis de dépistage (qui a fait la preuve de son efficacité dans la prévention de cette pathologie partout où elle est mise en place) permettrait de diminuer les cancers du col utérin d'au moins 80% contre les 70% annoncés pour les vaccins.

Une situation d'autant plus incompréhensible pour certains spécialistes que les jeunes filles vaccinées devront continuer à faire régulièrement un frottis puisque la vaccination ne protège pas de 100% des papillomavirus. Elles pourraient même se croire faussement protégées et négliger le frottis, craignent des médecins.

Autre effet pervers : le vaccin pourrait modifier l'écologie des virus. « La vaccination pourrait induire une modification dans l'équilibre des souches virales, soit en favorisant le développement de souches résistantes, soit en accroissant la virulence de souches aujourd'hui inoffensives », a souligné le Pr Claude Béraud, ancien vice-président de la commission de transparence de l'Agence française du médicament.

La pression des firmes

Enfin, la méfiance vis-à-vis de ces vaccins est accrue du fait de son lancement à grand renfort de messages promotionnels jouant sur la peur et la culpabilité des mères, notamment : « Protéger sa fille, c’est ce qu’il y  a de plus naturel pour une mère ». L’une de ces publicités a été interdite par l’Agence du médicament en 2010 pour « manque d’objectivité », pouvant « induire le prescripteur en erreur », rappelle les associations. Le prix fait également grincer des dents : une dose de Gardasil coûte 123,44 euros, soit 370,32 euros pour les 3 injections nécessaires. Une manne pour les firmes.

Pour l'heure, ces vaccins sont très surveillés par les agences du médicament national et européenne qui, en l'état actuel des données, considèrent que la balance bénéfices-risques n'est pas remise en cause. Mais, en février, l'annonce par le président de la République de la généralisation prochaine de la vaccination à toutes les collégiennes a relancé la polémique.Dans ce contexte, difficile pour les parents de se faire une idée.

Aux Etats-Unis, on vaccine aussi les garçons, en France, la question est à l'étude.

 

 

 

 

 

 

 

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