France Telecom : la direction classe un suicide en accident du travail

Un mois après le suicide d’un salarié de France-Télécom, à Mérignac (Gironde) qui s’était immolé par le feu, le Pdg du groupe, Stéphane Richard, demande que ce geste soit reconnu comme « accident de service », ouvrant droit à une indemnisation pour la famille de la victime.

Si la décision est « une bonne nouvelle pour la famille », notent les syndicats du groupe, ils se montrent en revanche réservés sur la procédure exceptionnelle utilisée par Stéphane Richard. Cette requête fait en effet suite à une enquête du médiateur interne de France Télécom. Les syndicats sont, eux, demandeurs d’une procédure plus cadrée, à laquelle serait associée notamment les élus des Chsct en tant que représentants des personnels.

Ils réclament aussi une évolution de la législation pour le secteur public afin que, comme dans le privé, un suicide « en lieu ou temps du travail », vaille, dans la fonction publique, systématiquement reconnaissance en accident du travail.

Cette décision du Pdg ne met en tout cas pas un terme à l’affaire. Deux enquêtes sont en cours. L’une est engagée par la justice et l’autre par le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ( Chsct).

Elle n’empêchera pas non plus, les éventuelles démarches pour une reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur.

Et surtout, les syndicats attendent de la direction un réel changement de cap dans les conditions de travail. La logique du chiffre d’affaires des actionnaires et des objectifs inatteignables sont toujours en vigueur, estiment-ils.

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