Le débat délicat sur la fin de vie entre de nouveau aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Les députés examinent la proposition de loi de Jean Leonetti (Ump) et Alain Claeys (PS) qui suggère notamment d’instaurer un droit à une sédation “profonde et continue’ en toute fin de vie.

Les députés débattent ce mercredi sur le sujet sensible de la fin de vie et examinent la proposition de loi de Jean Leonetti (Ump) et d’Alain Claeys (PS) qui réformerait ainsi la loi Leonetti de 2005.

Quoi de neuf ?

Deux grandes avançées pourraient voir le jour pour parvenir notamment à un “apaisement des souffrances” et un “respect des décisions des malades”.

D’abord les députés Claeys et Léoniett proposent une “sédation profonde et continue” jusqu’au décès pour des patients en phase terminale qui en feraient la demande. L’autre grand changement porterait sur les directives anticipées[fn] Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l’arrêt de traitement. Elles sont révocables à tout moment. A condition qu’elles aient été établies moins de trois ans avant l’état d’inconscience de la personne, le médecin en tient compte pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement la concernant. Un décret en Conseil d’Etat définit les conditions de validité, de confidentialité et de conservation des directives anticipées. Code de la santé publique [/fn], sorte de testament médical, très peu utilisées par les Français jusqu’à présent, qui permettent à chacun d’exprimer de son vivant son opposition à l’acharnement thérapeutique. Actuellement, ce sont les médecins, les derniers décisionnaires dans le choix de maintenir ou non un patient en fin de vie. La proposition des députés serait que la directive anticipée devienne moins contraignante ( inscrite sur la carte vitale ou dans un fichier général) et s’impose désormais aux médecins, comme un “droit opposable”.

Le débat promet d’être houleux car les députés qu’ils soient de droite ou de gauche ont leurs convictions profondes.

Les assocations anti-euthanasie, quant à elles ont appelé à manifester dans plusieurs villes de France.

Tout sur les directives anticipées sur le site du ministère de la Santé.