L’Institut de veille sanitaire (Invs) s’inquiète de la progression de la rougeole en France. Dans un dossier publié sur son site, l’Institut indique que l’épidémie qui touche la France depuis 2008 et dont une nouvelle vague a été détectée en octobre 2010 et a pris de l’ampleur au fil des mois avec 14 500 cas (dont 6 décès) sur les sept premiers mois de 2011.

A l échelle de la zone Europe de l’Oms, c’est désormais la France qui présente le plus grand nombre de cas de rougeole. Et l’évolution inquiète : 44 cas en 2007, plus de 5 000 en 2010… avec un pic en mars et avril.

Les régions françaises ne sont pas toutes touchées au même degré : l’épidémie connaît ses plus forts développements en Rhône-Alpes, en Paca et en Ile-de-France quand les régions de l’est, du Centre, le Nord-Pas-de-Calais, Haute et basse-Normandie semble mieux protégées.

Cette épidémie touche d’abord de jeunes nourrissons et des adultes. La proportion des adultes dans les cas de rougeole ne cesse de progresser et est passée de 17 % en 2008 à 34 % en 2011.

Cette situation est liée à une couverture vaccinale insuffisante de la population. On estime généralement que la maladie ne peut être éliminée qu’avec 95 % de la population vaccinée tant la rougeole est contagieuse : chaque malade peut contaminer de 15 à 20 personnes (contre 2 à 4 pour la grippe). Or en 2010 pour les 5 021 cas de rougeole détectés, 82 % des malades n’étaient pas vaccinés et 13 % n’avaient reçu qu’une seule dose de vaccin.

Outre la question de la vaccination des jeunes enfants, il y a donc bien un problème de rattrapage vaccinal pour une part importante des adultes. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande d’ailleurs de vacciner les adultes de 20 à 31 ans.

Le ministère de la Santé a bien décidé d’une vérification du statut vaccinal des collégiens et lycéens de 6e et de terminale. Mais la vaccination ROR (rougeole, oreillons, rubéole) n’est pas obligatoire, même si elle est fortement recommandée pour les enfants de moins de 2 ans, vivant en collectivité (crèche, école…).

Ce n’est apparemment pas suffisant : déjà en décembre 2009, le Pr Didier Houssin, directeur général de la santé déclarait qu’il “est clair que la couverture vaccinale actuelle […] reste insuffisante pour l’élimination de la circulation du virus de la rougeole sur le territoire”. Une situation qui favorise “l’accumulation progressive de sujets réceptifs à la rougeole, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes [et constitue] une source potentielle de foyers épidémiques ».

Nous y sommes toujours.

Le dossier « rougeole » de l’Invs :

www.invs.sante.fr

Les déclarations du Pr Houssin en 2009 :

www.sante.gouv.fr