Faire face au mal de dos

Manque d’exercice, gestes répétitifs, position assise prolongée, stress… Il existe de nombreux facteurs susceptibles de déclencher des douleurs au niveau du dos. Nos solutions pour en finir avec le tour de reins et autres lombalgies.

 

Causes et symptômes du lumbago

Quand ils sont soumis à des efforts intenses – port fréquent de charges lourdes sans précautions, rotations brusques du tronc, etc. –, à des vibrations dans un cadre professionnel, ou en cas de position assise prolongée, les muscles du dos finissent par se fatiguer, puis par se contracter, provoquant des douleurs plus ou moins intenses au niveau des vertèbres lombaires ou des dorsales. Il peut aussi arriver qu’une douleur très vive survienne dans le bas du dos à la suite d’un faux mouvement ou d’un effort plus important que d’habitude. Le dos se bloque, c’est le fameux « tour de reins », ou lumbago. Durant les premières vingt-quatre heures, il est souvent impossible de bouger, la douleur est si violente que même la position debout oblige à se courber en deux pour éviter d’avoir mal. Généralement, les maux de dos se résorbent en une semaine avec l’aide d’antalgiques (paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens) et, éventuellement, celle d’un ostéopathe ou d’un kinésithérapeute. Le port d’une ceinture de soutien lombaire (remboursée à 60 % par la ­Sécurité sociale sur prescription médicale) peut être utile durant les premiers jours. Si les lombalgies se répètent, il est conseillé de consulter un posturologue. Elles peuvent en effet être liées à une anomalie au niveau des pieds, à des troubles visuels ou à des problèmes de mâchoires (un mauvais contact des dents), ce qui provoque un déséquilibre entre les différentes parties du corps. Des semelles adaptées, de la rééducation orthoptique ou des gouttières pour les mâchoires permettent parfois de résoudre le problème.

En cas de crise, rester actif

Le pire ennemi de la colonne vertébrale, c’est l’inactivité. Contrairement à une idée reçue, le repos prolongé empêche la réparation des tissus qui entourent la colonne vertébrale et compromet les chances de guérison. Il faut donc continuer ses activités quotidiennes, tout en les adaptant à la douleur ressentie. La pratique régulière d’une activité physique contribue à renforcer les muscles du dos et les abdominaux, les soutiens de la colonne vertébrale. On conseille généralement des activités d’endurance (marche, vélo, natation – sauf la nage papillon et la brasse, tête hors de l’eau), mais l’important est de trouver une activité physique qui plaît pour la pratiquer le plus régulièrement possible. A noter que certains sports exposent plus que d’autres au risque de douleurs lombaires (judo, rugby, basket, handball, football, saut). « La kinésithérapie peut également aider le patient à réapprendre à bouger en sécurité grâce à un programme progressif d’activité physique, explique le Pr Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris. C’est ainsi un bon moyen de prévenir les récidives de lombalgie. Le rôle du kiné est aussi de redonner confiance au patient qui a peur de se faire à nouveau mal en bougeant. »

Et si c’était une spondylarthrite ?

Parfois la douleur peut avoir pour cause une spondylarthrite, une maladie d’origine inflammatoire qui affecte les enthèses, zones où les tendons et les disques intervertébraux se fixent à la colonne vertébrale et au bassin. La douleur peut aussi se localiser au niveau de certaines articulations. « Cela touche les sujets jeunes, en général entre vingt et trente ans, note le Pr Berenbaum. Les douleurs diminuent au cours de la journée, mais elles réveillent le patient dans la seconde partie de la nuit. Le matin, il est contracté et il lui faut parfois plusieurs heures pour se “ dérouiller ”. » L’interrogatoire précis du médecin est primordial pour déceler le caractère inflammatoire de ce type de lombalgie. Faute de diagnostic, la qualité de vie du patient se dégrade, et ses mouvements peuvent devenir de plus en plus limités, la maladie évoluant par poussées. « La mise en place d’un traitement précoce est d’autant plus importante que la maladie répond bien aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ains), à prendre au moment des poussées, note le Pr Berenbaum. Et chez les personnes pour lesquelles ce traitement médicamenteux s’avère inefficace, des anti-Tnf alpha sont prescrits afin de soulager les symptômes. »

Surveiller la colonne vertébrale des enfants

Entre 2 et 4 % des enfants sont touchés par la scoliose, une déformation de la colonne vertébrale, de façon plus ou moins sévère. C’est pourquoi il faut surveiller le dos de son enfant tout au long de sa croissance, surtout à la pré-puberté et à la puberté, car les poussées de croissance peuvent engendrer des déformations importantes de la colonne vertébrale. Dépister précocement une scoliose permet d’éviter les complications et des traitements souvent lourds et contraignants, tels que la chirurgie, le port d’un plâtre ou d’un corset. Il faut consulter le médecin traitant lorsque se forme une sorte de bosse sur le dos de l’enfant quand il est penché en avant, jambes tendues et jointes, mains entre les genoux, ou bien si une « lucarne » apparaît entre le bras et le corps lorsqu’il est debout, les pieds joints et les bras pendants. Par ailleurs, un enfant peut se plaindre d’avoir mal au dos sans pour autant souffrir de scoliose. Cette douleur peut être due à une mauvaise position en classe, à un cartable trop chargé ou à une croissance trop rapide. La kinési­thérapie est alors utile pour lui apprendre comment mieux se tenir et muscler son dos.

Peut-on soigner la lombalgie chronique ?

Si les troubles persistent au-delà de trois mois, on parle de mal de dos chronique. Parfois, la douleur apparaît uniquement dans certaines circonstances : après un long trajet en voiture, une position prolongée qui fatigue les muscles de la colonne vertébrale ou en cas de stress important, lequel favorise les contractions musculaires et accroît la sensation douloureuse. Chez certains, la douleur est présente en permanence, altérant la qualité de vie, mais aussi les activités professionnelles. D’où la nécessité d’en parler à son médecin traitant pour bénéficier d’une prise en charge, surtout si la douleur est d’origine inflammatoire. Faute de quoi, le moindre effort étant perçu comme douloureux, le patient devient de plus en plus sédentaire, anxieux, voire dépressif si la douleur persiste. L’objectif est de rendre la douleur supportable pour pouvoir reprendre un minimum d’activités de la vie quotidienne. Pour les personnes qui sont restées longtemps inactives, un reconditionnement à l’effort peut être nécessaire. Certains établissements hospitaliers, mais aussi des écoles du dos proposent un programme individualisé sur plusieurs semaines, au cours desquelles rhumatologues, rééducateurs, kinésithérapeutes, psychologues apprennent aux personnes souffrant de lombalgie chronique
comment protéger leur dos et mieux supporter la douleur.

Faut-il opérer une hernie discale ?

Une hernie discale est une atteinte des disques intervertébraux, les coussins cartilagineux situés entre les vertèbres, qui amortissent les chocs auxquels est soumise la colonne vertébrale. Chaque disque est constitué d’un anneau fibreux qui enserre un noyau souple. Mais ces fibres peuvent s’user et se rompre, laissant passer une petite partie du noyau central dans le canal rachidien. La hernie discale ne fait pas toujours mal, sauf si elle se situe entre les deux dernières vertèbres lombaires, où elle irrite ou comprime les racines du nerf sciatique. La douleur
, qui irradie de la fesse jusqu’au pied, s’accompagne parfois de fourmillements et d’une perte de la sensibilité le long du trajet du nerf. « Il s’agit de soulager la douleur inflammatoire et non de supprimer la hernie », explique le Dr Sylvie Rozenberg, rhumatologue à la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Du paracétamol et des anti-inflammatoires non stéroïdiens sont alors prescrits, voire deux à trois infiltrations de corticoïdes si cela ne suffit pas. « Cela aide à passer le cap, car dans 80 % des cas la sciatique guérit spontanément dans les deux mois. De même, la hernie discale diminue ou disparaît avec le temps pour la moitié des patients », reprend le Dr Rozenberg. Seules 5 à 10 % des hernies nécessitent une opération, soit parce qu’elles provoquent des douleurs ­intenses qui résistent aux traitements et aux infiltrations, soit parce que la compression du nerf sciatique entraîne des difficultés à uriner ou une paralysie partielle du pied. On intervient alors en urgence afin de retirer la partie du disque endommagé à l’origine de la compression, sans toucher au disque intervertébral.

 

Bon à savoir
Par des palpations ou de légères manipulations, l’ostéopathe peut soulager certains maux de dos. En général, trois séances suffisent. Au-delà, s’il n’y a pas d’amélioration, inutile de continuer.
Le Syndicat français des ostéopathes propose sur son site un annuaire des praticiens proches de chez vous : www.osteopathe-syndicat.fr