A la librairie Dialogues de Brest, le 3 décembre, deux spécialistes de la maladie d’Alzheimer, le Dr Jacques Le Guyader, neurologue, et Lénaïg Jacq, psychologue à France Alzheimer 29, ont dialogué avec les participants, venus en nombre.

Cette maladie neurodégénérative du tissu cérébral risque bien d’être la pandémie du xxie siècle, souligne d’emblée Jacques Le Guyader : « Entre 800 000 et 900 000 personnes sont atteintes en France. Et il y en a 200 000 de plus chaque année. » Quant à ses origines, « elles doivent être liées à beaucoup de facteurs environnementaux », précise-t-il. L’aluminium contenu dans l’eau, les composés organophosphorés présents dans l’agriculture pourraient jouer un rôle dans le déclenchement de la maladie, selon lui. Et il ajoute : « Le stress n’est sans doute pas étranger à la maladie. »

On sait maintenant bien repérer les symptômes. « La maladie entraîne une modification complète du comportement. Le malade ne sait plus s’alimenter, s’habiller ou reconnaître des objets : il n’est pas capable de dire d’une bouteille qu’il tient à la main que c’est une bouteille. » Le neurologue a un rôle essentiel dans le dépistage.

En France, contrairement à d’autres pays, comme l’Allemagne, celui-ci est souvent tardif. Il faut donc encourager les gens à consulter le plus tôt possible, dès l’apparition des premiers symptômes, en attendant, un jour, le dépistage par prise de sang. « Ce serait extraordinaire », consent le Dr Le Guyader.

Une fois la maladie détectée, se pose la question du maintien à domicile. « Lorsqu’une personne n’est pas seule et qu’elle n’a pas besoin d’être accompagnée 24 heures sur 24, cela ne pose pas de problèmes. Mais il ne faut pas que l’intégration dans un établissement se fasse trop tard », explique Lénaïg Jacq.

La solution ? L’hébergement temporaire. Chaque malade a droit à trois mois d’hébergement par an dans un établissement spécialisé. Une bonne façon de préparer un hébergement définitif, mais aussi de « relâcher » la pression sur les aidants. Pour le Dr Le Guyader, « 50 % des aidants vont mourir, souvent d’épuisement, avant le malade ».

Se préserver pour vivre au mieux la maladie de son proche, voilà un message qu’il faut faire passer. Car selon Lénaïg Jacq, « la relation peut persister en dépit des difficultés. Il y a encore de belles choses qui se passent ».