Euthanasie : une pratique très marginale

Près de la moitié des décès sont précédés d’une décision médicale ayant pu hâter la mort du patient. Le plus souvent les traitements n’ont pas été administrés dans l’intention de provoquer la mort : dans 27% des cas, il s’agit de décisions destinées à intensifier le traitement de la douleur, dans 14% de ne pas instaurer un traitement susceptible de prolonger la vie. Des médicaments ont été donnés afin de mettre délibérément fin à la vie dans seulement moins de 1 % des cas. C’est ce que révèle une enquête « La fin de vie en France », rendue publique hier, menée par l’Institut national des études démographiques (Ined).

Les décisions prises s’appuient, dans leur grande majorité, sur les dispositions de la loi Leonetti qui permet sous certaines conditions de limiter ou d’arrêter un traitement, ou d’administrer des médicaments afin de soulager les souffrances du patient. Une loi souvent méconnue ou mal respectée : les décisions de fin de vie ne sont pas toujours discutées avec les patients et les équipes soignantes. La loi donne par ailleurs la possibilité à chacun de rédiger à l’avance des directives anticipées et ainsi d’exprimer des souhaits pour sa fin de vie en cas d’incapacité de participer à la décision. Seuls 2,5 % des patients le font.