Deux semaines après sa radiation par le conseil de l’Ordre des médecins, Nicolas Bonnemaison, urgentiste à Bayonne, mis en examen pour sept cas d’euthanasie présumée sur des patients, a reçu le soutien de ses confrères. 243 médecins ont écrit ce mercredi une lettre ouverte au Président de la république, François Hollande, exigeant la suspension immédiate de sa radiation.
Les signataires, parmi lesquels figurent l’anesthésiste du Centre hospitalier de Bayonne et une soixantaine de collègues du Dr. Bonnemaison, s’adressent également au président du Conseil de l’ordre des médecins, Michel Legmann, à la ministre de la santé, Marisol Touraine ainsi qu’à la ministre des Personnes âgées, Michèle Delaunay.
Ils déplorent que la sanction disciplinaire ait été prise sans attendre la fin de l’instruction judiciaire et sans prendre en compte le seul rapport public de l’Igas (l’inspection général des services) qui minimise le rôle du médecin dans ces décès. “Du fait du secret de l’instruction, les membres de la chambre n’ont jamais eu accès aux dossiers médicaux des patients”, indiquent les signataires.
Le 24 janvier, l’Ordre des médecins expliquait que “les manquements déontologiques relevés à l’encontre du Dr Bonnemaison sont de nature à justifier une peine disciplinaire” et “qu’à raison de leur gravité et de leur caractère répété, ces manquements (…) justifient que soit infligée à ce médecin (…) la peine disciplinaire de la radiation du tableau de l’Ordre des médecins”. Il s’agit de la sanction la plus grave que peut appliquer une chambre disciplinaire de première instance
Le Dr.Bonnemaison va faire appel de cette décision.