Trop cher, trop de formalités, rechercher un appartement lorsque l’on est étudiant relève du parcours du combattant. Pourtant une formule originale a vu le jour, il y a quatre ans au sein de l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), les «Koloc’ A projets solidaires», Kaps, ou comment conjuguer engagement solidaire et logement étudiant. Le principe est simple : à un projet solidaire correspond un logement en colocation. L’affectation du logement et l’engagement dans le projet solidaire sont indissociables.

Inspirés d’un dispositif qui existe depuis trente ans à Louvain-la-Neuve en Belgique, les Kaps permettent à des étudiants (âgés de 18 à 30 ans) en colocation de mener des projets sur une thématique sociale qu’ils choisissent avec les responsables de l’Afev dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, de la santé, de l’éducation…

«C’est un engagement original. Tu vis au cœur du lieu où tu agis, c’est un moyen de s’impliquer dans la vie de ton quartier d’une manière innovante et différente», explique Damien, «kapseur» à Poitiers. L’initiative a démarré à Toulouse et a essaimé dans une quinzaine de villes, avec des partenariats différents à chaque fois. A Toulouse, la mairie est partie prenante et met à disposition des anciens logements de fonction d’instituteurs partis à la retraite, dont la ville est propriétaire, et le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) joue le rôle de bailleur.

Comment devenir kapseur ?

«Il faut envoyer un CV à l’Afev avec une lettre de motivation, explique Hélène Asiain, responsable du projet à Toulouse. Nous contactons l’étudiant et discutons avec lui du projet. Ensuite, nous lui attribuons en lien avec le Crous un appartement pour un loyer de 250 euros par mois avec une possibilité d’Apl [aide personnalisée au logement]. Il sera en colocation avec deux autres étudiants pour une durée d’un an, de septembre à août. Nous suivons l’étudiant dans son projet au début, une fois par semaine puis une fois tous les quinze jours environ, selon son emploi du temps.»

A Toulouse, les logements se trouvent sur le campus universitaire.

L’étudiant doit être sensibilisé aux problèmes sociaux avec une volonté de mener le projet à son terme, une envie de découvrir ce qu’est réellement l’engagement associatif.

«Le jeune n’est pas livré à lui-même, rassure Hélène Asiain, nous l’accompagnons et l’aidons tout au long de l’année. Les étudiants apprennent à monter un projet avec tout ce que cela comporte : les points positifs et négatifs. C’est très formateur et riche d’enseignements pour eux.»

Si vous voulez devenir kapseur http://www.kolocsolidaire.org/

L’Afev

Créée depuis près de vingt ans, l’Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville) est née de l’envie de lutter contre les inégalités dans les quartiers populaires, et de créer un lien entre deux jeunesses qui ne se rencontraient pas ou peu : les jeunes des quartiers et les étudiants.

 

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