La pollution de l’air et ses répercussions sur la santé constituaient le thème de la conférence organisée le 7 avril dernier à La Ciotat par la Mutuelle Cnm, le centre de santé mutualiste Pierre-Calisti et l’association Fardeloup dynamisme loisirs (Fdl).


La pollution de l’air, un sujet malheureusement d’actualité en ce printemps, était le thème d’une conférence organisée en avril dernier à La Ciotat par la Mutuelle Cnm, le centre de santé Pierre-Calisti et l’association Fardeloup. Une pollution dont le Dr Alain Viau, médecin généraliste mutualiste et spécialiste de santé publique à l’observatoire régional de la santé Paca (Ors), a brossé un tableau préoccupant. « En 2012, on estimait à 7 millions le nombre de décès prématurés causés dans le monde par la pollution de l’air extérieur dans les zones urbaines et rurales. »

Une mortalité due à l’exposition aux particules fines, qui vont provoquer maladies cardio-vasculaires et respiratoires ainsi que des cancers. L’air pollué est donc potentiellement cancérogène si l’on se réfère aux conclusions d’une évaluation menée en 2013 par l’Organisation mondiale de la santé (Oms). En cause, toujours, les particules fines, rejetées entre autres par les moteurs Diesel, qui seraient responsables des cancers du poumon et de la vessie.

« Après les particules, les polluants les plus nocifs pour la santé publique sont le monoxyde de carbone, l’ozone – qui se forme sous l’effet conjugué de la chaleur et des polluants émis par les voitures –, le dioxyde d’azote – qui provient des appareils de chauffage et des moteurs automobiles –, et, enfin, le dioxyde de soufre, produit par la combustion des énergies fossiles », a détaillé le médecin.
« Et alors, qu’est-ce qu’on fait ? On reste enfermé chez soi ? » s’alarme une participante. « Ah non ! L’air y est quelquefois plus pollué qu’à l’extérieur, mais nous y reviendrons plus tard », rétorque le médecin. « Et dans notre région, on respire bien ? » s’enquiert Laure Penna, animatrice de l’association Fdl. « Pas toujours, répond le médecin. Il y a un fort taux d’urbanisation en Région Paca, un réseau routier très dense, des reliefs qui favorisent la stagnation de l’air. C’est une des régions françaises les plus émettrices de dioxyde de soufre et de dioxyde d’azote. Par ailleurs, du fait des conditions climatiques, nous sommes une des régions d’Europe les plus touchées par la pollution photochimique à l’ozone… »

En effet, le département des Bouches-du-Rhône, et plus particulièrement la zone de l’étang de Berre, concentre les plus fortes émissions de polluants. « Et, selon la direction des vents, cette pollution se déplace vers Marseille, La Ciotat », ajoute le Dr Viau. « Ces sources de pollution échappent au contrôle des individus, on n’y peut rien », soupire une dame. « Pas d’accord : on a un bulletin de vote, non ? proteste l’animatrice. Il faut élire des décideurs qui prendront des mesures utiles. » Transports, gestion des déchets, logement ou encore agriculture sont autant de domaines sur lesquels les pouvoirs publics peuvent agir. « On peut en effet promouvoir des technologies non polluantes, favoriser les transports en commun, améliorer le rendement énergétique des bâtiments, généraliser les sources d’énergies renouvelables », énumère le médecin.

Il est temps d’aborder la pollution de l’air intérieur, plus insidieuse mais tout aussi dangereuse, sachant que les gens passent près de 80 % de leur temps dans des espaces clos (logements, moyens de transport, habitacles de voiture, bureaux, etc.). Là aussi, les nombreux polluants présents peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé. Du monoxyde de carbone provenant de chauffages d’appoint au pétrole et causant des intoxications aux polluants chimiques dégagés par les peintures et le mobilier (formaldéhyde), en passant par les acariens, qui peuvent provoqu

er des allergies et des maladies respiratoires, la liste est longue…
« Autrefois, il y avait des punaises dans les lits ! On n’entendait pas parler d’acariens ! » remarque une dame. « C’est peut-être dû au chauffage des habitations », suggère le médecin, avant de conseiller d’avoir une bonne ventilation et d’aérer longuement son logement, surtout après avoir fait le ménage, à cause des produits ménagers souvent trop concentrés. Il faut également éviter les parfums d’ambiance, l’encens, les vernis, les désodorisants… « Moi, j’utilise le vinaigre blanc et le bicarbonate de soude, comme le faisait ma grand-mère », déclare Blanche, rassurée.
Le petit groupe se disperse en scrutant le ciel : un petit coup de mistral – grand pourvoyeur d’air pur en Provence – serait le bienvenu…