Même nom, même source de problème -l’amiante- mais, en France, le groupe Eternit serait blanc, alors que la même multinationale, en Italie, a été reconnue coupable et condamnée à l’issue du procès de Turin, lors d’un verdict historique, en février 2012?

L’association nationale des victimes de l’amiante (Andeva) n’y croit pas et dénonce le scandale. Me Jean-Paul Teissonnière, avocat des victimes d’Eternit France, est traduit en justice, pour diffamation, par ce même groupe, premier producteur d’amiante au monde. En cause, des propos de Me Teissonnière lors d’une interview accordée à l’hebdomadaire « Télérama », en novembre 2011, à propos du procès de Turin. L’avocat français évoquait les responsabilités, en France, de ce même groupe.

L’audience devant signifier à Jean-Paul Teissonnière sa mise en examen a été fixée pour ce jeudi matin, à 10h30, au palais de justice de Paris. Des membres des comités amiante, prévenir et réparer (Caper), des différents sites français d’Eternit, seront là pour soutenir leur avocat.

Eternit démenti par les faits

L’Andeva s’insurge : « Les affirmations d’Eternit France sont démenties par les faits. Eternit a été condamné des centaines de fois au titre de la faute inexcusable de l’employeur. Ses dirigeants ont été mis en examen pour homicides et blessures involontaires et leur tentative de faire annuler ces ordonnances a échoué : la Cour de cassation, saisie par l’Andeva, a récemment confirmé les mises en examen et rétabli le magistrat instructeur.

Eternit a participé à la contamination de dizaines de milliers d’ouvriers, a provoqué des milliers de victimes à Thiant, Vitry-en-Charollais, Martigues, Albi, Rennes, Triel et Canari. Eternit a transformé des villes entières comme Thiant en véritable « cimetières de l’amiante ».

Ses dirigeants, des industriels de l’amiante, étaient parfaitement informés des dangers de ce matériau cancérogène et ont participé, au sein de l’association française de l’amiante, puis du Comité permanent amiante (CPA), à en masquer les dangers pour retarder des mesures de prévention indispensables (…). »

L’association, pour qui « ce dernier rebondissement illustre jusqu’à l’absurde l’incurie de la Justice Française sur ce dossier pénal de l’amiante », rappelle que son premier dépôt de plainte contre le groupe remonte à 1995. Et conclut : « Eternit et ses dirigeants auraient dû être renvoyés depuis longtemps devant un tribunal correctionnel pour y être jugés ».

L’Andeva réitère sa demande d’entrevue à Mme Taubira, ministre de la Justice et Garde des Sceaux.

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