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Hôpital

En 2017, les hôpitaux connaissent un déficit historique

Face à la situation dramatique des hôpitaux, dont le déficit atteint en 2017 un niveau record, la Fédération hospitalière de France appelle à de profondes réformes structurelles.

« La ligne rouge est dépassée. » C'est avec ces mots que Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (Fhf), exprime son désarroi face à la situation des hôpitaux devenue extrême. Dans un communiqué de presse publié lundi 18 décembre, il révèle le déficit record des établissements hospitaliers, atteignant 1,5 milliard d'euros pour l'année 2017. L'an passé, il n'était « que » de 470 millions d'euros.

Les chiffres, pas encore définitifs, proviennent des premières estimations remontées aux agences régionales de santé (Ars) par les établissements. Pour Frédéric Valletoux, si le déficit s'est tant creusé cette année, ce serait à cause des plans annuels d'économie - réduction des budgets de 3 milliards en trois ans - mais aussi du modèle économique des hôpitaux, rémunérés à l'acte depuis 2004. Les tarifs d'hospitalisation, révisés chaque année, ont été revus à la baisse il y a un an en prévision d'une augmentation de l'activité. Mais celle-ci a au contraire été moins « dynamique » cette année.

Des réformes attendues de longue date

« Face à cette dégradation financière et avec un objectif d’économie de 1,6 milliard d’euros en 2018, prévient la Fédération, les établissements de santé vont se trouver pris en otage entre la qualité des soins qu’ils doivent à leurs patients, la préservation des conditions de travail et de l’emploi des équipes hospitalières et l’obligation du retour à l’équilibre des comptes. » Les investissements des établissements, dont le soutien à la recherche, une des « missions d'intérêt général » pour l'organisation, sont par conséquent aussi mis à mal.

La Fhf réclame donc des réformes structurelles concernant le financement du système de santé, la relance de l’investissement ou encore l’assouplissement des modes de gestion interne des établissements. Des réformes « qui, depuis des années, ont été trop souvent reportées », regrette Frédéric Valletoux.

Les effectifs devraient rester inchangés

Et le dégel de 150 millions d'euros sur les 412 millions d'euros de crédits alloués aux hôpitaux, annoncé par Agnès Buzyn il y a quelques semaines, est loin de suffire pour la Fédération. « L’hôpital ne peut plus être à la fois le pilier de notre système de santé et son unique variable d’ajustement économique, poursuit-il. La Fhf appelle à la raison les pouvoirs publics en versant au plus vite aux hôpitaux le solde des crédits qui leur revient. » 

Aucune annonce n'a encore été faite quant au versement du reste des crédits. Interrogée par Sud Radio, mardi, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, exclut en tout cas de toucher aux effectifs des personnels soignants, qui selon elle travaillent déjà « sous d'énormes tensions ».

La ministre, qui présentera en 2018 une réforme des hôpitaux, se dit également favorable à une réforme de leur système de financement. Un système qu'elle juge « pervers ». « La construction même du financement des hôpitaux a entraîné progressivement des dérives puisqu'on a demandé aux hôpitaux d'être rentables », a-t-elle souligné, en réaffirmant le rôle premier des établissements hospitaliers : celui de service public.

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