Pour les jeunes générations, cela peu sembler improbable. Mais il y a 50 ans, la contraception était interdite. C‘est en 1967 que l’Assemblée nationale adoptait définitivement la loi visant à autoriser l’usage des contraceptifs, dont la pilule anticonceptionnelle. Initialement proposée par le député de la Loire Lucien Neuwirth, la loi fut promulguée le 28 décembre 1967, elle entra lentement en application. Elle restera connue sous le nom de loi neuwirth

L’ancien résistant, gaulliste, est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 89 ans. Engagé à 16 ans dans la Résistance, longtemps député puis sénateur de droite, il avait réussi, dans la France très conservatrice d’avant 1968 à faire adopter en 1967, contre la majorité de son camp, la loi autorisant la contraception.

Une révolution

Obtenue sous la pression de l’opinion publique, la légalisation de la contraception en France, le 28 décembre 1967, plus de dix ans après l’invention de la pilule, a été une vraie révolution, même si les femmes ont dû attendre 1975 et la loi Veil pour que soit autorisée l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

En effet, la loi du 31 juillet 1920 interdisait non seulement l’avortement, mais aussi toute forme de contraception ou même d’information sur le sujet. La proposition de loi déposée le 18 mai 1966 par Lucien Neuwirth  va susciter une discussion intense. La première concernant l’éthique. D’autres, celle sur l’IVG, la Procréation médicalement assistée (PMA), l’euthanasie suivront.

 « Pour nous, il ne s’agit point de permettre aux Français de ne pas mettre au monde des enfants qu’ils ne désirent pas, mais au contraire de les aider à créer une famille dont il leur appartiendra en propre de fixer l’importance et le rythme d’accroissement en fonction de leurs possibilités », témoignait lucien Neuwirth à la tribune de l’Assemblée, ajoutant : « Nous estimons que l’heure est désormais venue de passer de la maternité accidentelle et due souvent au seul hasard, à une maternité consciente et pleinement responsable » et visionnaire prédisait : « Cependant, il est nécessaire de dire que la contraception ne réduira pas spectaculairement le nombre des avortements. La contraception s’apprend ; elle impose certaines disciplines et il faudra de nombreuses années et le progrès de la science pour espérer voir un jour s’estomper ce fléau qu’est l’avortement ».

Loi anti-douleur, soins palliatifs et pilule du lendemain

Des années plus tard, devenu sénateur de la Loire, il sera à l’initiative en 1995 de la loi sur la prise en charge de la douleur, qui porte, également, son nom, et milite activement pour que les hôpitaux mettent en place les techniques qui existent déjà dans les pays Anglos-saxons. Il est confronté personnellement à cette problématique puisqu’en 1996, sa femme meurt d’un cancer. Il va l’accompagner jusqu’à sa mort

En 1999, il est à l’origine de la loi sur les soins palliatifs dont il souhaite qu’ils deviennent un droit pour tous

Enfin, en 2001, il est choisi par la commission des affaires sociales du Sénat comme rapporteur de la proposition de loi sur la pilule du lendemain NorLevo. Lucien Neuwirth fait voter la gratuité de cette pilule.