Ebola : l'OMS autorise les traitements expérimentaux

Après deux jours de réunion, le 8 juillet dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré que l’épidémie de fièvre hémorragique, causée par le virus Ebola en Afrique de l’Ouest, doit être considérée comme « une urgence de santé publique de portée mondiale ».

Estimant que les pays concernés (Guinée, Liberia, Nigéria, Sierra-Leone) ne pouvaient pas faire face seuls à la contamination, l’OMS en appelle au soutien des autres pays et estime qu’une « une réponse internationale coordonnée est essentielle pour arrêter et faire reculer la propagation internationale d’Ebola ».

L’épidémie continue sa progression : depuis le début de l’année, plus de 1000 décès ont été recensés sur 1711 cas comptabilisés.

L’épidémie la plus importante depuis 40 ans

Ce n’est pas la première fois que cette fièvre hémorragique -qui se transmet par le sang, le sperme, les excréments humains ou d’animaux, etc.- fait parler d’elle, en revanche, depuis 40 ans que le virus a été identifié, il s’agit, selon les experts, de la plus importante épidémie.

Parti de Guinée, le virus se retrouve aujourd’hui au Nigéria, en Sierra Leone et au Liberia. Dès le mois d’avril, l’association humanitaire Médecins Sans Frontières a tiré la sonnette d’alarme et évoqué « une épidémie sans précédent ».

Le 5 août, l’OMS a réuni un comité d’experts à Genève pour évaluer la situation et envisager les mesures urgentes à prendre. « Si la situation continue de se détériorer, les conséquences peuvent être catastrophiques en termes de bilan humain, de désordres socio-économiques et de contagion à d’autres pays », a déclaré sa directrice, Margaret Chan.

Pas de restrictions sur les voyages internationaux

La question est de savoir si le virus Ebola représente un risque sanitaire international ou pas, et s’il peut se propager -via les voyages- à d’autres pays que ceux touchés actuellement. La semaine dernière, le risque qu’Ebola apparaisse en Europe était considéré comme faible. Néanmoins, selon la ministre de la Santé, Marisol Touraine, la vigilance s’impose. « Nous faisons en sorte que notre pays ne soit pas touché », a-t-elle affirmé.

Pour l’heure, aucune restriction sur les voyages internationaux et le commerce n’est envisagée par l’OMS. Néanmoins, elle précise que « les Etats doivent se préparer à détecter et traiter des cas de malade Ebola et à faciliter l’évacuation de leurs ressortissants, en particulier le personnel médical qui a été exposé à Ebola ».

Des traitements expérimentaux pour tous ?

Une autre question concerne les traitements. Trois éminents spécialistes de ce virus avaient demandé à l’OMS, la semaine dernière, que les populations africaines infectées puissent bénéficier d’un traitement expérimental, le « ZMAPP », comme celui qui a été administré à deux américains (un médecin et une missionnaire) ayant été rapatriés aux Etats-Unis après avoir contracté le virus et qui semble avoir diminué leurs symptômes.

L’OMS vient de donner son accord sous réserve que certaines conditions soient remplies : « La transparence des soins doit être absolue, tout comme le consentement du patient, la confidentialité, le respect des personnes… ».

Une telle autorisation n’est pas sans poser des problèmes éthiques puisque les médicaments n’ont pas été suffisamment testés et on ne connait pas leurs effets à long terme. Le comité d’urgence de l’OMS a finalement   considéré qu’il était « éthique d’offrir des traitements dont l’efficacité ainsi que les effets secondaires ne sont pas encore connus ».

Le Liberia devrait être le premier pays à recevoir des échantillons de sérum des Etats Unis.