La qualité de l'eau du robinet s'améliore, malgré des disparités régionales

La qualité de l’eau potable s’améliore en France, mais le risque microbiologique reste plus élevé en zone rurale et en montagne.

Peut-on boire sans risque l’eau du robinet? Oui, selon un dernier rapport publié par la Direction générale de la santé. Globalement, l’eau potable consommée en France est de bonne qualité : pour 96,7% de la population française, elle présente une bonne qualité microbiologique et presque tous les Français (99,1%) boivent une eau conforme aux limites de qualité pour les nitrates. Quant aux pesticides, pour 95,5% de la population, les taux sont inférieurs aux limites maximales de résidus autorisées.

D’année en année, la qualité de l’eau potable s’est améliorée. Selon le rapport, la part des Français alimentés par une eau jugée non-conforme est passée de 8,8%, en 2000, à 3,3% en 2012.

Des disparités territoriales existent

Pour autant, des disparités régionales persistent. Le risque microbiologique reste plus élevé quand on s’éloigne des grandes villes, en zone rurale et en montagne. En cause, les pesticides et les nitrates qui touchent plus facilement les petites unités de distribution dans ces zones.

La DGS a également évalué les teneurs en arsenic et en sélénium mais aussi en plomb dans l’eau potable. Résultats : la quasi-totalité (98,9% et 99,2%) des analyses effectuées en 2012 sur l’eau du robinet sont conformes pour l’arsenic et le sélénium. Quant aux teneurs en plomb, 98,2% des analyses pratiquées sur l’eau du robinet en 2012 sont conformes à la limite de qualité de 25 μg/L, une amélioration qui s’explique par la mise en œuvre de remplacement des canalisations et des branchements publics en plomb.

Bisphénol A et résidus de médicaments

Mais qu’en est-il des résidus de médicaments?  Ces substances proviennent principalement des urines humaines et des déjections des animaux d’élevage et sont potentiellement susceptibles de se retrouver dans l’eau qui coule au robinet. Le hic : elles n’entrent pas dans les critères réglementaires qui définissent la qualité sanitaire de l’eau du robinet. Du coup, leur concentration n’est jamais évaluée.

En 2009, une campagne nationale de mesures de 45 substances pharmaceutiques d’origine humaine ou vétérinaire a pourtant été lancée. Avec des résultats étonnants : pour «environ 75 % des échantillons d’eau du robinet, qu’elle soit d’origine souterraine ou superficielle, aucune des 45 molécules recherchées n’a été quantifiée», note le rapport. Quant aux 25% d’échantillons positifs, les analyses ont révélé la présence simultanée d’une à quatre molécules (les plus fréquemment retrouvées sont la carbamazépine, un anti-épileptique ainsi que l’oxazépam, un anxiolytique).

Pour les auteurs, si «les concentrations trouvées dans les eaux du robinet sont 1 000 à 1 million de fois inférieures aux doses utilisées dans le cadre des doses thérapeutiques, les conséquences environnementales et sanitaires sont encore mal connues». Le Plan national sur les résidus de médicaments dans l’eau 2010-2015, permettra peut-être d’améliorer la situation. Elaboré par les ministères chargés de la santé et de l’écologie, il a entre autres, pour objectifs, d’évaluer le risque éventuel lié à la présence de ces molécules, tant pour l’homme que pour les écosystèmes et d’engager des actions de réduction de la dispersion médicamenteuse dans l’eau. 

Faire couler l’eau avant de la consommer

Quant au bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien, 292 échantillons d’eau du robinet ont été analysés : 4,1 % d’entre eux se sont révélés positifs, mais à des doses infimes, faisant dire aux auteurs que  » l’apport par l’eau du robinet ne contribue pas de manière significative à l’exposition de la population au BPA».

Pour éviter toute intoxication, les auteurs du rapport préconisent de laisser couler l’eau avant de la consommer notamment lorsqu’elle a stagné dans les canalisations, après plusieurs jours d’absence par exemple; de ne pas utiliser l’eau chaude pour la consommation, les températures élevées augmentant les risques de dissolution du plomb ou encore de consommer de l’eau embouteillée pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge.