Le matériel médical utilisé dans les services hospitaliers mère-enfant pourrait contenir du bisphénol A (BPA) et des phtalates, deux perturbateurs endocriniens fortement soupçonnés d’augmenter les malformations génitales, les risques de stérilité ainsi que certains cancers. Ce sont les conclusions d’une étude publiée aujourd’hui dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Celle-ci met en évidence une voie d’exposition, via les dispositifs médicaux, des femmes enceintes et de leurs nouveau-nés lors de longs séjours hospitaliers (unité de soins intensifs en néonatalogie ou en gynécologie-obstétrique).

Pour les besoins de l’enquête, des échantillons d’urine ont donc été collectés chez les 279 mères en salle de naissance. Les premières interrogations sont apparues lorsque les analyses ont montré que « les teneurs urinaires en bisphénol A et en phtalates étaient supérieures pour les accouchements par césarienne ou forceps aux teneurs retrouvées pour les accouchements naturels » expliquent les auteurs de l’enquête.

Les taux étaient respectivement de 3,3 µg/l contre 2,2 µg/l (BPA) et 22,9 µg/l contre 10,2 µg/l pour les phtalates.

« Au vu des résultats, l’hypothèse d’une contamination via les poches urinaires chez les femmes césarisées a été posée», poursuit l’étude, des poches qui peuvent «contenir du BPA». Des analyses supplémentaires ont été réalisées sur les sondes urinaires, confirmant à leur tour la possibilité de relargage de BPA.

Une des conclusions de l’enquête est que les bébés seraient exposés dans le ventre de leur mère ou lorsqu’ils sont hospitalisés à la naissance. L’accent est mis sur les prématurés, qui risquent eux-aussi d’être très exposés lors notamment de la pose de cathéters.

Qu’en est-il du BPA dans le matériel médical pour les adultes hopitalisés ? D’après l’étude, le risque évident pour les nourrissons ou les jeunes enfants, n’est toutefois pas avéré pour les adultes.

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