La commission des Affaires sociales du Sénat a adopté mardi (18/01/2011) une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie active pour « toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier (…) d’une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur ».

Cette proposition sera donc débattue par les sénateurs à partir du 25 janvier. C’est la première fois qu’une proposition de loi sur l’aide active à mourir arrive à ce stade de la procédure parlementaire. Rien ne dit qu’elle ira plus loin : l’UMP a dit son désaccord. Une proposition voisine a déjà été rejetée par les députés.

L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (Admd) considère que la décision des sénateurs est « une première victoire de la liberté face à l’obscurantisme ».

Pour l’Admd, « cette aide active à mourir, qui ne concernera que de manière volontaire celles et ceux qui sont atteints d’une pathologie grave et incurable, en phase avancée ou terminale, permettra aux Françaises et aux Français de devenir maîtres de leur propre parcours de fin de vie ».

Elle souligne qu’« associée à une loi garantissant un accès universel aux soins palliatifs », ce texte, s’il était voté, « remettra le patient ou sa personne de confiance, désignée conformément à la loi actuelle, au cœur de la prise de décision ».

Un récent sondage Opinion Way* montrent que 60 % des personnes interrogées « préfèrent le développement des soins palliatifs à la légalisation de l’euthanasie ». 52 % estiment qu’il y a des « risques de dérives ».

A contrario, en novembre 2010, selon un sondage IFOP, à la question « Certaines personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandent parfois aux médecins une euthanasie […]. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes » qui le demandent, 94 % des personnes interrogées répondaient oui, (36 % « oui absolument » et 58 % « dans certains cas »).

Contradictoire ? Pas sûr : les questions ne sont pas les mêmes et les personnes interrogées pour ces sondages expriment sans doute une volonté de voir se développer l’accès aux soins palliatifs… et celle d’avoir le choix de mourir dans la dignité en cas de maladie incurable en phase terminale.

* Réalisé pour la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), la Société française d’anesthésie réanimation (SFAR), le Centre de recherche et de formation sur l’accompagnement de la fin de vie (CREFAV) et le Collectif Plus digne la vie.

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