Rein, foie, poumon, cœur… Près de 50 000 personnes vivent aujourd’hui en France avec un organe greffé. Mais on manque toujours autant de greffons. La  Journée de réflexion sur le don d’organes, le 22 juin, est l’occasion de rappeler que chacun d’entre nous peut décider de devenir donneur et aborder la question avec ses proches.

« Don d’organes. Vous avez fait votre choix. Dites-le à vos proches. Maintenant. » A l’occasion de la 13e Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, et de reconnaissance aux donneurs, l’Agence de la biomédecine invite les Français à se mobiliser massivement en faisant connaître leur position sur le don d’organes à leurs proches.

En 2012, pour la première fois, le seuil des 5 000 greffes a été franchi : 5 023 greffes d’organes ont été réalisées en France. Cependant, il manque encore plus de 12 000 greffons chaque année, car de plus en plus de malades sont inscrits sur la liste nationale d’attente. Ainsi, en 2012, 17 627 malades ont eu besoin d’une greffe.

Aborder le sujet avec sa famille

En France, le don d’organes est soumis au régime du consentement présumé : chaque individu est un présumé donneur. A ceux qui sont opposés au don de leurs organes, la loi donne la possibilité de s’inscrire sur le Registre national des refus ou de préciser leur position à leurs proches. Ainsi, lorsqu’un prélèvement d’organes est possible, les équipes hospitalières doivent obligatoirement consulter le Registre dans un premier temps. Puis si le nom du défunt n’y figure pas, elles ont le devoir de s’assurer de la non-opposition de ce dernier auprès de ses proches, même s’il est détenteur d’une carte de donneur.

Ainsi, si 81 % des Français sont favorables aux dons d’organes, seuls 49 % transmettent effectivement leur position à leurs proches, qu’ils soient pour ou contre le don de leurs organes. Or ne pas connaître la position d’un proche lors de son décès  peut créer un grand désarroi chez l’entourage, qui a alors la lourde décision de choisir à sa place. Et bien souvent, cela conduit la famille à s’opposer au prélèvement.

Cette journée de sensibilisation peut ainsi être l’occasion d’aborder le sujet avec ses proches. A noter qu’il n’y a pas d’âge pour donner ses organes : même à quatre-vingts ans, on peut encore faire le don post-mortem du foie ou d’un rein.

 

Pour une reconnaissance des personnes donnant de leur vivant

Cette journée de sensibilisation est également une journée de « reconnaissance aux donneurs ». L’accent mis sur ces personnes est fortement soutenu par la Fnair (Fédération nationale d’aide aux insuffisants rénaux), qui demande qu’une véritable indemnisation et une reconnaissance officielle soient faites par l’Etat. « Aujourd’hui, s’il existe un risque pour un donneur, il est essentiellement financier, en lien avec le risque de perdre son travail en raison du temps des soins que le don d’organe implique», souligne la Fnair. Si l’établissement de santé qui réalise le prélèvement prend en charge les frais de santé occasionnés et rembourse tous les frais engagés par le donneur d’organe, ces indemnités ne suffisent pas toujours et dissuadent encore beaucoup de personnes de  franchir le cap du don du vivant. La Fnair demande ainsi à l’Etat « de ne pas pénaliser les citoyens et leurs familles qui accomplissent un geste motivé par la générosité, en leur accordant une reconnaissance légitime et une promesse de sécurité économique» .

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