DMLA : la piste génétique approfondie

La DMLA touche la macula, une région de la rétine responsable de la vision centrale. C’est grâce à elle que l’être humain peut réaliser certaines tâches qui nécessitent une bonne acuité visuelle, comme la lecture, la conduite et la reconnaissance faciale. À mesure que la DMLA progresse, réaliser de telles tâches se complique et finit par être impossible.

Il existe deux formes  de DMLA : une dite «  sèche  », la plus fréquente, dans laquelle les cellules visuelles disparaissent lentement mais sûrement, occasionnant des troubles de la vision qui progressent au fil du temps. L’autre dite «  humide  », où des vaisseaux anormaux prolifèrent sous la macula et dont l’évolution rapide peut conduire à une perte de la vision centrale en quelques mois ou quelques années, la vision périphérique restant intacte. Plus de un million de personnes de plus de 50 ans sont touchées en France par le DMLA, c’est la première cause de malvoyance chez l’adulte dans les pays industrialisés.

L’âge, le régime alimentaire et la consommation de tabac influencent le risque de développement une DMLA chez l’individu. La génétique joue également un rôle important. Souvent héréditaire, la DMLA est plus fréquente au sein de certains groupes de population. En 2005 des chercheurs ont montré notamment que certaines variations du gène codant pour un composant du système immunitaire inné étaient associées à un risque majeur de développer une DMLA.

Sept nouvelles régions du génome associées à la DMLA

Dans leur nouvelle étude, dont les travaux ont été publiés dans Nature Genetics, le groupe européen de l’AMD Gene Consortium, réseau de chercheurs internationaux, a rassemblé les données de 18 groupes de recherche afin d’augmenter la puissance des précédentes analyses. L’analyse du consortium comprenait des données provenant de plus de 17 000 individus atteints de DMLA, qui ont été comparées aux données de plus de 60 000 individus ne souffrant pas de DMLA.

L’analyse actuelle a identifié sept nouvelles régions génétiques associées à la maladie. Comme dans le cas des 12 régions précédemment découvertes, ces sept régions dispersées sur l’ensemble du génome pointent vers des gènes et des fonctions altérées dans la DMLA. Au total, depuis 2005, 19 régions identifiées comme étant associées à la DMLA ont été identifiées. Elles impliquent une variété de fonctions biologiques, y compris la régulation du système immunitaire inné, l’entretien de la structure cellulaire, la croissance et la perméabilité des vaisseaux sanguins, le métabolisme lipidique et l’athérosclérose.

Comme avec d’autres maladies courantes telles que le diabète de type 2, le risque pour un individu de développer une DMLA est probablement déterminé non pas par un mais par plusieurs gènes. Une analyse plus complète de l’ADN des zones entourant les 19 régions identifiés par l’AMD Gene Consortium pourrait faire apparaître des variants génétiques rares ayant un effet déterminant sur le risque de DMLA. La découverte de tels gènes pourrait considérablement améliorer la compréhension qu’ont les scientifiques de la pathogénie de la DMLA et contribuer de façon significative à leur quête de traitements plus efficaces.