Avant l’été, la coordination Gironde du mouvement « Notre santé en danger »*, désireuse de participer activement au débat national sur la perte d’autonomie, a élaboré une liste de dix propositions, s’opposant à la volonté gouvernementale d’exclure la dépendance de la solidarité nationale.

Hélas, fin août, le gouvernement a annoncé le report à 2012 de la réforme sur la dépendance… Mais ces propositions gardent toute leur actualité, et nourriront le débat futur.

La coordination revendique le droit à la protection sociale, respectant le principe suivant lequel « chacun cotise selon ses revenus et bénéficie des services en fonction de ses besoins ». Elle refuse la logique assurantielle individuelle, qui génère trop d’inégalités. Et relie son approche globale à un « droit universel à compensation de la perte de revenu ». Plutôt que de dépendance, elle préfère d’ailleurs parler de perte d’autonomie et veut inclure les personnes handicapées dans le débat et les projets, car peu importe la cause de la dépendance, que ce soit l’âge, le handicap ou l’invalidité.

La coordination Gironde estime que c’est à l’Etat d’organiser la solidarité nationale et de compenser les transferts de dépenses vers les collectivités locales, pour éviter l’envolée des impôts locaux et les disparités d’une ville ou d’un département à l’autre.

En ce qui concerne le financement du dispositif, elle rejette le principe d’une récupération des aides sur l’héritage et préconise l’engagement de l’Etat, entre autres en taxant la valeur ajoutée des entreprises les plus lucratives.

La coordination girondine propose en outre des solutions pour les services publics dédiés à l’autonomie, avec la professionnalisation de la filière et le soutien aux aidants.

Ces services publics, important gisement d’emplois, devraient être coordonnés par des pôles, au niveau local et national. Une filière professionnelle de personnel qualifié devrait se développer pour permettre aux aidants – et surtout aux aidantes ! – de souffler, avec harmonisation des conditions d’emploi et de rémunération de ces professionnels.

La solidarité nationale doit accompagner la solidarité familiale, voire s’y substituer si nécessaire. Rappelons qu’une récente étude de l’association France Alzheimer évalue le reste à charge mensuel à 1 000 euros pour la personne dépendante et le temps consacré par les aidants familiaux à six heures et demie par jour.

* Il s’agit de la coordination santé solidarité de Gironde (Coss33) – à laquelle adhère par exemple Mutami – élargie à des partis politiques.

L’espace “dépendance” de Viva :

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