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Scandales sanitaires

Distilbène : Ucb-Pharma condamné

Le laboratoire UCB Pharma a été condamné à verser 109 000 euros de dommages et intérêts à Sylvie Le Cossec, victime du Distilbène. Une somme bien en-deça de celle réclamée par son avocate, maître Verdier, qui avait demandé 650 000 euros pour un « lien» entre l'exposition de sa cliente au diéthylstilboestrol (DES) et ses pathologies qu'elle estime « indéniable ».

Interdit en France en 1977, le Distilbène a été prescrit aux femmes enceintes dans les années 50 pour leur empêcher une fausse-couche. Il a fait des ravages chez les enfants, en particulier, les filles des femmes qui en ont pris : malformations de l'utérus, stérilité, cancer des ovaires, etc. On sait aujourd'hui que le DES peut affecter aussi les petits-enfants des femmes exposées à ce médicament.

Sylvie Le Cossec, 45 ans, fait partie de ces victimes. Elle a subi une ablation de l'utérus et a eu deux grossesses pathologiques. Son fils Julien est polyhandicapé et souffre de graves lésions neurologiques et du système moteur qui sont probablement aussi au DES. On sait, en effet, aujourd'hui que ce médicament est transgénérationnel et qu'il peut aussi affecter les petits enfants des femmes qui y ont été exposés.

Pour maître Ivan Terel, avocat du laboratoire, la responsabilité d'UBC Pharma, qui commercialisait le médicament avec Novartis, « doit s'apprécier au regard des connaissances de l'époque ». Sauf que des données scientifiques montraient clairement dès les années 1953-54 que le Distilbène était inefficace pour réduire le risque de fausse-couche, il tendait même à accroître leur risque.

Bien que, depuis l'arrêt du 24 septembre 2009, la charge de la preuve ait été inversée et que ce ne soit plus aux femmes de prouver qu'elles ont été exposées au Distilbène mais au laboratoire incriminé de prouver que son produit n'est pas en cause, c'est le pot de terre contre le pot de fer, les victimes devant faire face à un véritable parcours du combattant pour faire reconnaître leur préjudice. Une sorte de double peine comme elles disent.

En France, environ 160 000 enfants ont été exposés au DES dans le ventre de leur mère. C'est entre 1964 et 1975 qu'il a été le plus prescrit.

 

 

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