Le vendredi 26 octobre, la Cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation des laboratoires ayant produit et vendu jusque dans les années 1970 du diéthylstilbestrol (DES) à des femmes ayant des problèmes de fertilité.

La cour a en fait tranché sur deux cas et de manière différente. Dans le premier, elle a condamné UCB Pharma et Novartis à payer 213 000 euros à une “fille Distilbène” exposée au médicament pendant la grossesse de sa mère et atteinte par un cancer spécifique du DES.

Mais dans un deuxième cas – une femme souffrant notamment de stérilité –, les juges ont estimé que la preuve du rôle du Distilbène ou du Stilboestrol (les deux noms sous lesquels était commercialisé le DES) n’était pas apportée.

Les enfants des femmes ayant pris du DES – interdit aux Etats-Unis dès 1971 mais resté autorisé jusqu’en 1977 en France – mènent depuis des années un difficile combat. Ces enfants du DES sont environ 160 000 et n’ont découvert leurs problème de santé qu’à l’adolescence pour beaucoup.

Ils souffrent de malformations utérines, de stérilité, de cancers, de malformation congénitale de l’urètre, de troubles psychiatriques… Or ces affections touchent des enfants de la troisième génération. Et plus le temps passe, plus la preuve de l’exposition est difficile à apporter : les ordonnances n’ont pas forcément été conservées.

Plusieurs plaignantes se déjà sont vues déboutées sur ce motif.

En outre, les plaignantes – même si elles sont soutenues par leur association Les filles DES – vont toujours en justice à titre individuel car il est toujours impossible en France à des personnes pourtant victimes d’un même dommage de mener des « actions de groupes » comme cela existe notamment aux Etats-Unis (les fameuses « class actions »).

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