C’est un nouvel espoir pour toutes les filles Distilbène. La société Ucb Pharma, qui a commercialisé le Distilbène, a été reconnue responsable le 22 mai par le tribunal de grande instance de Nanterre des préjudices subis par Stéphanie Chevallier, présidente de l’association Les filles Des, exposée in utero au Distilbène. Ucb Pharma devra verser 133 408,55 € à la jeune femme «en réparation de ses préjudices». Le laboratoire a un mois, à compter de la signification de la décision, pour faire appel.

Cela fait dix ans que cette «fille Distilbène», née en 1974, se bat pour qu’un lien soit établi entre la malformation utérine dont elle souffre et le fait que sa mère ait pris ce médicament.

Son avocate, maître Verdier, espère «qu’une jurisprudence se crée désormais autour de la notion de seule cause possible. Stéphanie a eu la chance inouïe que les experts ne trouvent pas d’autre explication à sa malformation que le Distilbène. Il faut que ce soit aux laboratoires de prouver qu’il n’y a pas d’autres causes possibles». En effet, la victime ne disposait d’aucune ordonnance d’origine, sa mère ne les ayant pas conservées. Autre obstacle : sa malformation utérine n’est pas « typique » d’une exposition au Distilbène.

Les enfants de la troisième génération sont aussi touchés

Ce médicament prescrit aux femmes enceintes dans les années 1950 pour éviter les fausses couches a causé des malformations de l’utérus, des stérilités, des cancers des ovaires, etc., chez les enfants des femmes qui en ont pris, en particulier chez les filles. En France, environ 160 000 enfants ont été exposés au Des in utero. Mais les enfants de la troisième génération, autrement dit, les petits-enfants des femmes à qui l’on a prescrit cette hormone de synthèse pourraient aussi être touchés. Le Distilbène a été interdit en France en 1977.

En mars dernier, le laboratoire Ucb Pharma a également été condamné à verser 109 000 euros de dommages et intérêts à Sylvie Le Cossec, une autre victime du Distilbène. L’association Les Filles Des souhaiterait pouvoir engager des actions de groupe, comme cela se fait aux Etats-Unis. Mais les procédures d’action collective adoptées dans le projet de loi sur la consommation n’ont pas été étendues au domaine de la santé.

Les victimes du Distilbène réclament par ailleurs la création d’un fonds d’indemnisation, comme c’est le cas pour les victimes du Mediator, afin de pouvoir être rapidement indemnisées.