Si, pour une majorité d’élèves, les difficultés sco­laires n’ont rien d’une maladie, 10 % environ d’une classe d’âge sont victimes de troubles réels handicapant leur scolarité.

Pour ces enfants ayant de vrais problèmes, des struc­tures spécialisées existent, comme le centre des troubles de l’apprentissage de l’hôpital Necker, à Paris. « Les enfants que nous recevons ont un retard sévère du langage, explique le Dr Laurence Robel, pédopsychiatre. Nous faisons une évaluation de leurs capacités intellectuelles, un bilan orthophonique, psychologique et psychomoteur. Si on les prend en charge tôt, leurs facultés d’apprentissage s’améliorent. » Laurence Robel estime qu’« il manque des structures intermédiaires entre l’école et l’hôpital pour des enfants en réelle difficulté scolaire mais qui ne sont pas malades pour autant ». Pour elle, « il n’y a pas de fatalité de l’échec. Les troubles des apprentissages peuvent même parfois être une chance, car ils attirent l’attention. Souvent, les premiers de la classe ne font pas de vagues. Certains “ pètent un plomb ” à l’adolescence, comme les anorexiques, qui sont en général d’excellentes élèves. Il faut toujours se méfier des enfants parfaits ».

Dyslexie : quand lire est un problème

C’est un trouble de la lecture. Le dyslexique identifie des images, accède au sens des mots à l’oral, mais est dans l’incapacité d’établir un système de reconnaissance des mots écrits. On pose le diagnostic lorsqu’il existe un retard d’au moins dix-huit mois dans la lecture. Les dyslexiques ne représentent qu’une faible proportion des enfants illettrés (3 à 7 %). Tous les enfants en difficulté ne sont pas dyslexiques et, à l’inverse, on peut être dyslexique et brillant (ainsi, Einstein et Léonard de Vinci). Une rééducation orthophonique, associée à des séances de psychomotricité, est proposée.

Les renseignements sur le site : www.apedys.org

Dyspraxie : syndrome de l’enfant maladroit

C’est un trouble de la coordination. L’enfant renverse tout, se cogne, mange salement, a des difficultés à s’habiller, à retrouver ses affaires, à s’organiser. Il a du mal à se servir d’une ­règle ou d’un compas. Son graphisme est médiocre. La prise en charge est effectuée par un psychomotricien, un orthophoniste et un ergothérapeute.

Les renseignements sur le site : www.dyspraxie.info

Dysphasie : le mal des mots

C’est un retard important du langage : articulation défectueuse, difficultés à différencier les sons, fautes de grammaire importantes. Elle accompagne souvent les difficultés de lecture. La prise en charge fait intervenir orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, psychologue et pédopsychiatre.

Association française des parents d’enfants en difficulté d’apprentissage du langage écrit et oral (Apeda) : tél. 01 34 61 96 43.

Dyscalculie : allergie aux nombres

C’est la difficulté à calculer et à se représenter une quantité exprimée par une valeur numérique, une forme géométrique, à lire l’heure ou à évaluer des distances. S’il est normal qu’un enfant rencontre des difficultés, la dyscalculie se distingue par son caractère durable et par le fait que, malgré toutes les tentatives pédagogiques, rien ne parvient à engendrer un déclic. Elle se décèle à l’entrée au cours préparatoire. Ce n’est que vers l’âge de 8 ans que le diagnostic est posé.

Groupe d’étude sur la psychopathologie des activités logico-mathématiques : tél. 01 47 07 82 11.

Refus scolaire : tout se passe dans la tête

C’est une opposition aux acquisitions scolaires. L’élève peut être frappé d’inhibition – un des motifs de consultation les plus fréquents entre 8 et 12 ans. On ne peut réellement parler de désinvestissement scolaire qu’à l’adolescence, car, à cet âge, les apprentissages relèvent d’une motivation personnelle. Ce désintérêt entraîne un dégoût de tout ce qui a trait à l’école et peut s’accompagner d’un absentéisme important ou conduire à l’arrêt de la scolarité. Une dépression ou l’angoisse liée à une situation familiale difficile peuvent avoir de graves conséquences sur la scolarité. Enfin, certains enfants souffrent de phobie scolaire. Ils refusent d’aller à l’école et ont des réactions de panique lorsqu’on essaie de les y forcer. Pour tous ces problèmes, un suivi psychologique est nécessaire.

Quand faut-il s’inquiéter ?

Quand, à 2 ans, un enfant ne parle pas, qu’à 3 ans il ne fait pas de phrases de plus de trois mots, qu’à 4 ans il déforme les mots et n’a pas un langage aisé, qu’à 7 ans il bégaie, ne lit pas correctement ou confond les lettres.

Vous trouverez la liste des centres de référence de votre région pour les troubles de l’apprentissage sur le site : www.cfes.sante.fr