Qu’est-ce qu’un territoire de santé ? Comment le définit-on ? A ces questions, les agences régionales de santé (Ars), avec lesquelles Mutuelles Santé Plus peut être amenée à travailler – Rhône-Alpes, Bourgogne, Languedoc-Roussillon et Paca –, ont presque toutes répondu « le département ». Presque toutes, sauf une : Rhône-Alpes.

Nées le 1er avril 2010, les Ars sont désormais l’interlocuteur unique dans les trois champs que forment la prévention, l’offre de soins et l’accompagnement médico-social. Ce dernier, auparavant, relevait de la compétence unique des conseils généraux. Sans doute est-ce un peu pour cela que les découpages territoriaux de santé ont adopté les départements pour canevas.

La région Rhône-Alpes était auparavant découpée, sur le plan sanitaire, en treize territoires. Elle en comprendra désormais cinq. Et, depuis le premier schéma régional d’organisation sanitaire (Sros 1), l’habitude avait été prise de commencer à organiser l’offre de soins autour des trois centres hospitalo-universitaires (Chu) que compte la région (Lyon, Saint-Etienne et Grenoble), ainsi que l’hôpital de Valence pour les départements du sud de la région (Drôme et une bonne partie de l’Ardèche).

Où les usagers vont-ils se faire soigner, pour quels types de maladies ? Ces questions semblent avoir primé, en Rhône-Alpes, sur les simples découpages administratifs départementaux. Il faut dire que la région a vécu au moins un exemple récurrent des aberrations que peuvent engendrer les simples logiques administratives : l’hôpital local de Saint-Agrève, dans le nord de l’Ardèche. Bien qu’en territoire ardéchois, l’établissement est fréquenté par de nombreux habitants de la Haute-Loire, Auvergnats « frontaliers » de la région Rhône-Alpes. Il aura fallu, pour les usagers, beaucoup argumenter et manifester pour que, finalement, les deux régions arrivent à discuter intelligemment entre elles.

Des Saint-Agrève, il y en a partout. Alors, sans être des élèves modèles, sans doute les Rhônalpins ont-ils dépassé – ou déplacé ? – un premier obstacle.

Mais les premières réalisations très concrètes des nouvelles agences régionales ne sont pas encore manifestes. Ces dernières auront-elles les moyens financiers de leurs ambitions ? Si non, quelles que soient alors les organisations de premier niveau territorial, les résultats risquent d’être décevants.