L’Andeva a pris connaissance d’un rapport classé « confidentiel » de l’Institut national de recherche et de Sécurité (Inrs), qui révèle la présence d’énormes concentrations de fibres d’amiante dans les chantiers de retrait de plâtres amiantés.

L’Association nationale des victimes de l’amiante (Andeva), a pris conaissance d’un rapport encore confidentiel réalisé par l’’Institut national de recherche et de Sécurité (Inrs). Celui-ci révèle qu’il existe d’énormes concentrations de fibres d’amiante dans les chantiers de retrait de plâtres amiantés. Les mesures ont été faites dans la zone de travail et à l’intérieur des masques des ouvriers.

Ce rapport a été remis au ministère du Travail qui n’a pas donné suite pour l’instant.

Danger grave et imminent pour les salariés

L’Andeva demande des mesures d’urgence. D’autant que, le 1er juillet 2015, la valeur limite d’exposition professionnelle passera de 100 fibres à 10 fibres d’amiante par litre d’air. Cette situation nouvelle oblige à réévaluer le niveau de protection de l’ensemble des masques pour garantir la sécurité des travailleurs.

Le rapport de l’Inrs précise que des mesures d’empoussièrement ont été réalisées à toutes les phases du retrait au burin d’un enduit de plâtre amianté de type « progypsol » : burinage, récupération des déchets, arrosage, nettoyage. Ces mesures ont réalisées en microscopie électronique non seulement dans la zone de travail mais aussi à l’intérieur du masque des trois opérateurs.

Ces opérations ont généré « des empoussièrements supérieurs à la valeur réglementaire de 25 000 fibres par litre dans 50% des cas. Les prélèvements à l’intérieur des masques respiratoires indiquent également des valeurs élevées, pour certaines supérieures à 100 fibres par litre. »

Il y a donc un danger grave et imminent pour les salariés qui se croient protégés, alors que l’efficacité de leur équipement individuel n’est plus garantie.

L’Andeva s’étonne que ces résultats soient considérés comme des « données confidentielles » et demande qu’ils soient rendus publics au plus vite pour que des mesures efficaces soient mises en place.

“Il n’est pas possible d’accepter que des salariés soient exposés à des empoussièrement dépassant la valeur limite d’exposition. Il est urgent de d’étudier pour ce type de matériau des modes opératoires réduisant l’empoussièrement et éloignant l’opérateur de la source d’émission des fibres d’amiante.” réclame l’association.

Dans l’attente de la validation de ces techniques, les interventions sur les plâtres amiantés de ce type doivent être repensées en application du principe de précaution maximum : par l’utilisation de combinaison à adduction d’air et à pression positive pour les opérations de retrait, par l’encapsulage notamment pour de petites surfaces inaccessibles, voire par le choix de différer temporairement certains travaux si toutes les conditions de sécurité ne sont pas réunies.

La sécurisation des chantiers de désamiantage est une bataille de longue haleine qui doit être abordée dans toutes ses dimensions : qualité des repérages, accessibilité des dossiers technique amiante, formation des opérateurs, moyens de contrôle, sanctions des infractions, gestion des déchets…

L’Andeva demande la tenue d’une table ronde réunissant pouvoirs publics, professionnels, organisations syndicales et associations de victimes, afin de travailler sur la mise en œuvre de ces préconisations.

Rappelons que l’amiante a été interdit en 1997, en France mais ce matériau continue à faire des victimes.