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Éthique

Des Gilets jaunes blessés,« fichés » à l'hôpital ? (suite)

Des patients blessés lors de manifestations de Gilets jaunes ont été inscrits nominativement dans le fichier Sivic, un système d'information pour le suivi des victimes, prévu initialement pour les attentats. Certains dénoncent un « fichage politique ». L'AP-HP plaide « l'erreur humaine ».

Selon Mediapart et le Canard enchaîné, des patients blessés lors de manifestations de Gilets jaunes ont été inscrits nominativement dans le fichier Sivic, un système d'information pour le suivi des victimes, prévu initialement pour les attentats.

Déjà, le Dr Gérald Kierzek, alors qu'il prenait sa garde à l'Hôtel-Dieu (AP-HP), le 13 avril, avait dénoncé « un fichage politique » dans un tweet et avait ajouté que « les soignants soignent mais ne dénoncent pas ». 

Le mea culpa de l'AP-HP

Aujourd'hui, après « investigations », l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) reconnaît que certaines informations médicales sur les manifestants blessés avaient pu être recueillies... à tort.

« Dans l’immense majorité des cas, les informations renseignées dans Sivic comportent comme commentaire le mode d’entrée ("amené par les pompiers") ou le mode de sortie ("retour à domicile") ou des éléments évitant les erreurs d’identification des victimes », explique l'AP-HP.

Mais « il apparaît que les onglets "Commentaires" de l’application ont pu être utilisés pour mentionner des éléments de nature médicale », précise l'institution. « Cette pratique n’a été identifiée que de façon marginale ; à ce stade de nos investigations (trois services concernés un ou deux samedis) la case "Commentaires" a été remplie de manière inappropriée pour rajouter des informations que les équipes pensaient utiles sur la nature de la blessure ».

Mardi 30 avril, l'AP-HP annonçait qu'il y a bien eu « erreur humaine » en la personne d'un stagiaire qui aurait rempli des cases de façon fantaisite.

Les Hôpitaux de Paris reconnaissent donc des maladresses et des erreurs mais réfutent toute idée de fichage des blessés, dans quelque but que ce soit.

 

Fichier Sivic, à savoir : créé en juillet 2016, il est activé pour les attentats, catastrophe climatique, accidents de bus et, depuis décembre 2018, pour les violences urbaines dans le cadre des rassemblements de Gilets jaunes. Le but : quantifier l’impact du nombre de blessés sur l’offre de soins et anticiper la mise en place, le cas échéant, des mesures de régulation des flux de blessés ou de renforcement capacitaire des établissements de santé, précise la Direction générale de la santé (Dgs).

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