Alors que le Sidaction vient de se terminer, la ministre de la Santé a décidé de saisir l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) et la Haute Autorité de Santé (Has) sur la  possibilité de mettre  sur le marché français des autotests de dépistage du Vih.
En France, 150 000 personnes sont séropositives et on estime à  près de 30 000 celles qui vivent avec le virus sans être dépistées. Elles seraient responsables d’au moins 70% des contaminations. En pratiquant un test salivaire à domicile, par exemple, elles pourront savoir en 30 minutes si elles sont porteuses du virus ou pas.

Oui mais à certaines conditions
La décision de Marisol Touraine fait suite à l’avis favorable donné le 22 mars 2013 par le Conseil national du sida (Cns), lequel préconise que les autotests soient accessible à toutes les personnes qui le souhaitent et qu’ils soient vendus en pharmacie, parapharmacie et sur internet. Le Cns recommande également qu’ils soient mis à disposition par des associations, des médecins, etc. pour les populations particulièrement exposées au Vih.
Le Comité consultatif national d’éthique (Ccne) recommande, quant à lui, la mise en place d’une série de précautions visant à éviter tout risque d’interprétation erronée.
Certaines conditions préalables seront donc nécessaires à la commercialisation de ces autotests : leur conformité au règlement européen par le marquage « CE » et l’existence d’un dispositif spécifique d’information et d’accompagnement des utilisateurs. Dans le cas où une séropositivité serait découverte, il faudra, notamment, qu’elle soit confirmée par une prise de sang classique.

4000 contaminations pourraient être évitées
Marisol Touraine rappelle également que les autotests sont un outil supplémentaire dans la prévention du Sida pour les personnes qui ne veulent pas uttiliser les moyens traditionneles mais qu’en aucun cas, ils ne peuvent se substituer au dépistage réalisé dans les centres anonymes et gratuits ni aux tests rapides d’orientation diagnostique.
Aux Etats-Unis, le premier autotest a été autorisé en juillet 2012, par l’agence américaine du médicament (Fda).

Selon les premiers résultats, rapporté à la France, ce nouvel outil permettrait de découvrir 4 000 nouvelles contaminations par an. C’est autant de patients qui pourront être traités plus rapidement. Aujourd’h’ui, dans 60 à 70% des cas, l’infection est diagnostiquée chez des personnes dont le déficit d’immunité nécessiterait qu’elles soient déjà sous traitement.