Certes les départements d’Outre-mer bénéficient d’une situation sanitaire « incomparablement meilleure que beaucoup de pays qui les entourent », soulignent les Sages de la Cour des comptes qui vient de publier un rapport, mais ils se heurtent à des « difficultés sanitaires persistantes ». Ils appellent donc la République française, une et indivisible, à adopter une stratégie publique qui soit à la fois globale et décentralisée.

Un plan santé a bien été éléboré pour les 2,7 millions d’habitants en 2009, mais avec de bien maigres résultats. « Imprécis dans ses objectifs, sans programmation financière, ni au demeurant de dispositif d’évaluation, ce dernier a attesté des faiblesses d’impulsion et de pilotage de l’État », raportent les Sages. « Le seul engagement calendaire était la réduction de moitié entre 2009 et 2014 entre les taux de mortalité infantile (à moins d’un an, sur le total d’enfants nés en vie) d’outre-mer et ceux de métropole, ambition loin d’être atteinte », constatent-ils.

« Mortalité infantile et maternelle élevée, incidence importante des maladies infectieuses (chikungunya à La Réunion et aux Antilles, zika en Polynésie française) et chroniques (diabète notamment), diffusion de conduites addictives », le tableau n’est pas très réjouissant.

« Des pathologies rares en métropole, telles que la leptospirose ou le rhumatisme articulaire aigu, demeurent courantes dans une partie des outre-mer », relèvent aussi les auteurs du rapport. « Des risques environnementaux spécifiques, tels que notamment le chlordécone, ont un fort impact sanitaire. La précarité économique aggrave par ailleurs la vulnérabilité des populations concernées », mentionne le rapport.

La Cour des comptes en appelle donc à un « pilotage beaucoup plus rigoureux des investissements », et à une « maîtrise rigoureuse des charges de personnel ».