On trouve de moins en moins de médecins de garde en France. Une situation qui pourrait devenir dramatique dans les prochaines années.

Le rapport annuel 2014 sur la permanence des soins (Pds)* en médecine générale, publié par l’Ordre des médecins, démontre que les médecins ont globalement assumé leurs responsabilités en 2014. Mais de nombreux indicateurs laissent à penser que la situation de la Pds pourrait se dégrader dans les années à venir. L’Ordre des médecins manifeste donc son inquiétude sur le manque de mesures d’adaptation qui menace l’avenir de cette mission de service public. En 2014, 2 763 médecins régulateurs libéraux ont participé à la régulation médicale, soit un chiffre en stagnation par rapport à 2013, alors que les besoins augmentent. Cette activité est pourtant un pivot essentiel du dispositif de permanence des soins et de sa bonne organisation. Par ailleurs, depuis la disparition en 2002 du tour de garde obligatoire, on constate une progressive érosion du volontariat. En 2014, seuls 60 % des départements rapportent un taux de médecins généralistes volontaires supérieur à 60 % (contre 73 % des départements en 2012). La démographie en baisse, la surcharge de travail, la recherche d’une meilleure qualité de vie et la baisse de l’intérêt pour l’exercice libéral sont autant de facteurs qui engendrent des tensions sur la continuité de la Pds.
Au-delà de ces raisons d’ordre sociétal, le nombre de créations de nouvelles maisons médicales de garde est quasi nul en 2014. L’arrêt de la garde en nuit profonde se poursuit à un rythme soutenu : elle concerne 67 % des territoires de Pds.

 
 
* La permanence des soins (Pds) a pour objectif de répondre aux demandes de soins non programmés de la population toutes les nuits, ainsi que les week-ends et les jours fériés. Basée sur le volontariat depuis 2002, la Pds est assurée majoritairement par les généralistes libéraux. Son organisation est régionalisée depuis 2010.