« La contraception qui vous convient existe », c’est le nom de la campagne d’information sur la contraception lancée mercredi 15 mai par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Son but : mettre l’accent sur la diversité des moyens contraceptifs en fonction de son âge, de son mode de vie,de  sa vie affective, etc.

Car, si un tiers des grossesses non prévues surviennent faute de contraception, en revanche, deux tiers arrivent alors qu’une méthode contraceptive est utilisée, rappelle le communiqué du ministère de la Santé. Les raisons sont diverses mais, selon Marisol Touraine, « il existe en France une norme contraceptive qui se traduit par un recours au préservatif en début de vie sexuelle, à l’utilisation de la pilule ensuite et au dispositif intra-utérin (DIU) à partir de 30-35 ans, une fois que les femmes ont eu les enfants qu’elles désiraient ».

Le manque d’information sur les autres possibilités de contraception et cette norme sociale guident souvent le choix et n’aident pas à identifier la méthode la plus adaptée à ses besoins, a-t-elle ajouté.

Résultat, chez les Françaises, le « tout pilule » l’emporte : 56 % des femmes qui ont une contraception prennent la pilule (83 % chez les 20-24 ans). Mais seulement 34 % de celles qui prennent la pilule disent ne pas l’oublier et 23 % des femmes qui ont recours à une Ivg étaient sous contraceptif oral.

Selon la Haute Autorité de santé (Has), le recours à une contraception adaptée est lié à de nombreux freins. Du côté des femmes, elle cite notamment l’existence d’idées reçues telle que « la pilule fait grossir », « le Diu rend stérile » (le faux nom qu’on lui a donné « stérilet » n’y est sans doute pas pour rien), la réticence parfois à aborder avec le médecin les questions qui relèvent de l’intime, les difficultés d’accès à certains professionnels ou encore les contraintes financières (certains contraceptifs ne sont pas remboursés). 

Des situations de fragilité peuvent également entraver le choix ou constituer des facteurs de risque d’échec de la contraception, souligne la Has : non-reconnaissance parentale de la sexualité juvénile, période post-accouchement et post-Ivg, moments d’instabilité ou de fragilité affectives, modes de vie particuliers (travail de nuit, horaires décalés par exemple).

Du côté des professionnels de santé, la Has pointe « le manque d’actualisation des connaissances sur les méthodes de contraception » et les conditions d’exercice médical qui peuvent nuire à une consultation uniquement dédiée à cette question et à une bonne information.

Pour lever ces obstacles, la Has met propose d’améliorer l’information du grand public et de mettre à la disposition des professionnels de santé une synthèse des principales recommandations des institutions afin qu’ils puissent mieux accompagner les femmes dans leur choix.

Par ailleurs, à partir de profil type et de situation donnée, la Has a établi sept fiches mémo qui devraient aider les médecins à mieux prescrire : une adolescente devenant sexuellement active, une femme souhaitant avoir des enfants, une femme venant d’accoucher, etc.

 

Un site de référence :

www.choisirsacontraception.fr : l’ensemble des méthodes contraceptives y est décrit avec leurs avantages et leurs inconvénients.