Les 20 et 21 septembre se tient à Paris la Conférence environnementale organisée par le gouvernement. Problème : les associations qui s’occupent de santé et d’environnement, regroupées dans le « Rassemblement pour la planète », à l’origine du Grenelle de l’environnement, n’y sont pas conviées.

« Quand on parle d’environnement, la santé est ce qui intéresse le plus le public en France et en Europe, a déclaré François Veillerette, responsable de Générations futures, une association spécialisée dans l’information et la lutte contre les pesticides, lors d’une conférence de presse organisée le 17 septembre à Paris. On ne comprend pas pourquoi on est écarté, si ce n’est sûrement que certains lobbies préfèrent nous voir sur le trottoir qu’à l’intérieur d’une salle de réunion. »

La décision a surpris tout le monde car, jusqu’en juillet dernier, les associations (parmi lesquelles Robin des Toits, le Réseau santé environnement, Respire, Ecologie sans frontières, Sea Shepherd…) ont participé à toutes les réunions de préparation à la future Conférence. Elles ont appris leur éviction par hasard, sans aucune explication.

« Alors que le ministère du Travail publie un rapport sur l’exposition des travailleurs aux produits chimiques qui touchent plus de 2 millions de personnes en France et que, pour préparer le futur plan Cancer, une série de propositions concernant le contrôle de l’exposition aux risques environnementaux ont été remises au gouvernement, voilà que celui-ci décide de se priver de l’expertise indépendante de lanceurs d’alertes qualifiés en santé-environnement », pointe le communiqué de presse du « Rassemblement pour la planète ».

Pollution de l’air par les particules diesel, perturbateurs endocriniens, pesticides, ondes électromagnétiques… sont donc autant de sujets cruciaux pour la santé des générations à venir dont on ne parlera pas. « Une fois encore, le tropisme économique prévaut sur la santé et l’intérêt général », dénonce Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des Toits, spécialiste des effets sanitaires des ondes électromagnétiques.

Pourtant, affirme Chantal Jouanno, ex-ministre de l’Environnement, venue soutenir les associations avec Delphine Batho et Corinne Lepage, « il faut tenir compte des petites voix, des lanceurs d’alertes, car ils ont souvent raison avant les autres ».

Pour François Veillerette, il faut une réaction urgente du gouvernement : « Nous voulons que Philippe Martin et le Premier ministre affirment l’importance des questions de santé environnementales et annoncent la tenue d’un grand débat public sur le sujet dans les prochains mois qui marquerait, enfin, la lancée d’une politique ambitieuse dans ce domaine. »

 

 

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