En France, 23% des adultes et 12% des enfants consomment des compléments alimentaires toute l’année. Or, ces produits ne sont pas sans risques. C’est ce que souligne l’Agence Nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) qui vient de rendre public les premiers résultats du dispositif de nutrivigilance qu’elle a mise en place il y a trois ans.

« La consommation et l’offre de compléments alimentaires et de certains aliments spécifiques comme les boissons énergisantes ne cessent d’évoluer. En parallèle, les circuits de distribution se diversifient, notamment internet. Toutefois, ces nouveaux produits, souvent perçus comme anodins par les consommateurs, peuvent dans certaines conditions les exposer à des risques », souligne l’Anses.

Avec un chiffre d’affaires de plus de 1,3 milliards d’euros, les compléments alimentaires sont les produits pour lesquels il y a le plus de déclaration d’effets indésirables. En trois ans, l’Anses a reçu 1500 signalements : 76% sont dus à des complémentas alimentaires et 24% à des aliments enrichis ou à des denrrées destinées à une alimentation particulière.

Plus d’un tiers des effets nocifs concernent les compléments alimentaires minceurs, capillaires et hypocholestérolémiants. Les principaux désagréments sont d’ordre hépatique, digestif et allergique mais aussi neurologiques et cardio-vasculaires.

Certaines substances contenues dans ces produits seraient plus à risques : lutéine, zéaxanthine, p-synéphrine, levure de riz rouge, etc. Les boissons énergisantes ont, pour leur part, donné lieu à 258 cas d’effets indésirables signalés.

L’Anses mène actuellement une évaluation des risques des compléments alimentaires pour les femmes enceintes et pour les sportifs dont les résultats sont attendus en 2015.

Compte tenu de la consommation exponentielle de compléments alimentaires, l’Anses en appelle aux professionnels de santé, et notamment aux médecins, afin qu’ils restent vigilants. Elle les incite à déclarer « le maximum d’effets indésirables » qu’ils observent chez leurs patients.

L’agence rappelle également que les compléments alimentaires ne sont pas banals : « Leur consommation ne doit pas se substituer à une alimentation équilibrée et diversifiée et devrait être assortie d’un conseil personnalisé auprès d’un professionnel de santé. Par ailleurs, elle recommande de respecter les consignes présentes sur l’étiquetage et d’être très vigilant vis-à-vis des produits mis en avant pour des propriétés « miracles » ou encore vendus en-dehors des circuits traditionnels, notamment par internet ».