Les maladies cardio-vasculaires constituent la première cause de mortalité en France. Facteur de risques majeur : l’excès de mauvais cholestérol dans le sang. Quand faut-il s’inquiéter, et que faire ?

Avoir du cholestérol, ça veut dire quoi ?

Le cholestérol est un lipide (graisse) indispensable à l’organisme. Il sert notamment à fabriquer la bile. Mais il en existe deux sortes : le « bon » (Hdl), qui circule dans le sang et que l’organisme peut éli­miner, et le « mauvais » (Ldl), qui, en s’accumulant sur les parois des vaisseaux sanguins, crée des plaques d’athérome, lesquelles, à la longue, bouchent les vaisseaux.

Quand faut-il le faire doser ?

Votre médecin traitant peut vous prescrire un dosage s’il veut estimer vos risques dans ce domaine (quel que soit ­votre âge), ou si vous faites partie des personnes à risques (voir encadré). Si le dosage du cholestérol total (Hdl + Ldl) est normal (jusqu’à 2,5 g/l), un examen tous les cinq ans suffit, selon les recommandations de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). S’il est élevé, mieux vaut faire un bilan lipidique complet (remboursé par la ­Sécurité sociale), incluant le cholestérol total et les triglycérides, graisses fabriquées à partir du sucre et de l’alcool.

Quel est le taux à ne pas dépasser ?

Tout dépend des autres facteurs de risques :
– vous n’avez aucun facteur de risques : le taux de Ldl doit être inférieur à 2,2 g/l ;
– vous avez un facteur de ­risques : votre taux de Ldl doit être ­inférieur à 1,9 g/l ;
– vous avez deux facteurs de risques : il doit être inférieur à 1,6 g/l ;
– vous avez trois facteurs de risques : il doit être inférieur à 1,3 g/l ;
– si vous êtes considéré comme à hauts risques (par exemple si vous avez été victime d’un accident cardio-vasculaire), votre taux doit être inférieur à 1 g/l.

Ces valeurs sont à nuancer selon les cas, le sexe et l’âge.

Comment prévenir et traiter ?

Pour prévenir l’excès de cholestérol ou en faire baisser le taux, il faut commencer par revoir son hygiène de vie : suivre un régime alimentaire pauvre en gras et enrichi en graisses poly-insaturées, car les graisses saturées élèvent le taux de Ldl (voir encadré ci-contre), limiter sa consommation d’alcool et de sel, contrôler son poids et faire régulièrement du sport : marche rapide, gym, natation.

On peut aussi recourir aux produits enrichis en stérols végétaux dans le cadre d’un régime classique, même s’ils n’ont toujours pas prouvé leur capacité à prévenir l’athérosclérose (maladie dégénérative des artères) et à diminuer les risques cardiaques. Ces produits doivent donc être utilisés avec prudence (voir p. 36). Les stérols végétaux sont des composés naturels, présents dans les huiles végé­tales, les margarines, les fruits et les légumes, qui empêchent ­l’absorption du cholestérol par le tube digestif.

Quand prendre des médicaments ?

Dans une étude réalisée en mars 2002, l’assurance-maladie montrait que, malgré ses recommandations, la prescription de médicaments anticholestérol s’est fortement banalisée. Les laboratoires, relayés par certains médecins, lancent des « actions de santé » afin d’inciter les ­patients à faire évaluer leur taux de cholestérol pour ensuite leur prescrire des produits anticholestérol sans même leur demander de revoir leur hygiène de vie. Or le premier traitement du cholestérol passe par la modification du régime alimentaire. Si, au bout de six mois, le Ldl n’a pas baissé, la prescription d’antilipidémiques peut être envisagée. D’autant que, comme tout médicament, les ­anticholestérol, et notamment les statines, peuvent avoir des effets indésirables graves. D’où l’importance d’évaluer avec son médecin le rapport bénéfice/risques d’un tel traitement.

Quels sont vos facteurs de risque ?

Vos risques d’avoir une maladie cardio-vasculaire sont triplés si :
– vous êtes un homme de 50 ans et plus, ou une femme de 60 ans et plus ;
– il existe un antécédent de ­coronaropathie précoce chez un parent proche (homme de moins de 55 ans, femme de moins de 65 ans) ;
– vous fumez ou avez cessé de fumer depuis moins de trois ans ;
– vous souffrez d’une hypertension artérielle (traitée ou non) ;
– vous souffrez d’un diabète de type 2, traité ou non ;
– vous avez un « bon cholestérol » inférieur à 0,40 g/l quel que soit votre sexe. Si votre « bon cholestérol » est supérieur à 0,60 g/l, on compte un facteur de risques en moins.

A favoriser : les acides gras mono-insaturés – huiles d’olive, d’arachide, de colza, amandes, avocat, poisson – et les acides gras poly-insaturés – huiles de pépins de raisin, de tournesol, de maïs, de soja, de noix, poissons sauvages. Sans oublier les fruits, les légumes et les produits céréaliers.

A limiter : les acides gras saturés, que l’on trouve dans les produits laitiers, les viandes grasses, la charcuterie, les abats, les œufs, les huiles de palme et de coprah, le beurre et les marga­rines.