Ils sont médecins, coiffeurs ou élus… Seuls ou à plusieurs, dans le cadre d’une association ou d’une ville, ces hommes et ces femmes tentent d’améliorer la vie quotidienne – en particulier celle des plus fragiles. Pour cela, ils inventent des solutions à des problèmes sociaux et de santé, expérimentent des pratiques plus solidaires. En partant du terrain, du vécu des gens, d’une idée souvent toute simple, ils créent du lien, redonnent de l’espoir. Ces bonnes idées, Viva vous en présente certaines, qui pourraient inspirer d’autres initiatives et faire ainsi boule de neige…

 

Santé

Un centre de soins ouvert jusqu’à minuit

Que faire lorsque votre petit dernier se retrouve avec 40 °C de fièvre à 23 heures ou que
votre conjoint se tord de douleur en raison d’une crise de colique néphrétique ?
Trouver un médecin à cette heure ? Impossible. Appeler Sos médecins ? A 70 euros la consultation, sans possibilité de tiers payant, le service est inabordable pour de nombreux Français. Restent les urgences. Pas d’autre solution que de vous diriger vers l’hôpital le plus proche, résigné à attendre des heures sur des sièges inconfortables avant de pouvoir rencontrer un interne. Vous venez alors grossir les rangs de ceux qui engorgent les couloirs des hôpitaux pour de la « bobologie ». Car, paradoxe, aux urgences, les urgences sont rares. « Ce constat, cela fait des années que tous les urgentistes le font, explique le Dr Alain Tyrode-Morelli, médecin directeur du centre de santé Etienne-Gatineau-Sailliant, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Il m’est arrivé de faire des gardes à l’hôpital Louis-Mourier
de Colombes. En soirée, aux urgences complètement surchargées, 9 patients sur 10 relevaient de la médecine générale, absolument pas des urgences. »
Pour lui, c’est une évidence : si ces patients ne sont pas à leur place, c’est faute de lieux d’accueil ouverts la nuit et proposant le tiers payant. Durant dix ans, il va batailler ferme et finit par obtenir les autorisations de l’agence régionale de santé d’Ile-de-France : depuis mars 2013, et c’est une première en France, le centre de santé de Gennevilliers ouvre ses portes jusqu’à minuit. Un médecin et une secrétaire accueillent les patients qui leur sont adressés par le 15. « Certains patients viennent chez nous directement, même s’il est préférable qu’ils nous soient envoyés par le médecin régulateur du Samu. Mais attention, insiste le Dr Alain Tyrode-Morelli, nous ne sommes pas un service d’urgences, nous sommes un centre de nuit de consultations non programmées. » Chaque soir, une dizaine de personnes arrivent au centre de santé. « Seules 1,9 % d’entre elles sont réorientées vers les urgences. C’est dire combien de patients se retrouvaient sans raison valable à l’hôpital. Pour le malade, c’est quand même plus satisfaisant d’être accueilli sans attendre dans un centre de santé confortable, proche de son domicile. Pour le système de soins, c’est tout bénéfice également, car le rapport de coût entre un patient accueilli aux urgences et un patient reçu chez nous est de deux tiers/un tiers », ajoute le Dr Tyrode-Morelli. Le centre de santé devrait bientôt recevoir l’autorisation d’ouvrir le week-end et pourrait faire des émules dans toute la France, en particulier dans les régions confrontées aux mêmes difficultés de permanence des soins. Déjà, les Villes de Nanterre et de Clichy se disent intéressées par le projet. D’autres devraient suivre…