Les patients soignés pour un cancer ne sont pas suffisamment informés des risques d’infertilité liés à leurs traitements. C’est ce que pointe du doigt un rapport publié conjointement par l’Institut national du cancer (Inca) et l’Agence de Biomédecine.
Aujourd’hui en France, environ 365 500 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année chez les adultes et environ 1700 cas chez les enfants de moins de 14 ans. Or si « le risque d’altération de la fertilité est assez bien pris en compte chez les hommes atteints d’un cancer (…), il n’en est pas de même pour la femme, l’enfant et l’adolescent, fille ou garçon, et dans toutes les régions de France », reconnaît le rapport qui note qu’il existe des “disparités importantes de prise en charge, selon les équipes médicales et leur niveau d’information et/ou de formation, voire l’adhésion de ces équipes aux procédures existantes”
Du côté du patient et de ses proches, le sujet de la fertilité « après-cancer » apparait parfois bien secondaire. « Leur attention sur les traitements immédiats de la maladie cancéreuse dont ils savent qu’elle menace le pronostic vital, se fait au détriment de toute autre information considérée comme « parasite ».
Des solutions existent pour préserver sa fertilité
Et pourtant, depuis plus de trente ans, grâce aux liens mis en place entre les CECOS et les spécialistes du cancer, la conservation des spermatozoïdes a permis de préserver la fertilité de nombreux hommes. Chez la femme, les premières conservations de tissu ovarien ont été faites en France en 1995. La loi du 6 août 2004 relative à la bioéthique est venue renforcer une pratique existante en prévoyant que toute personne exposée à une prise en charge médicale qui risque d’altérer sa fonction de reproduction peut bénéficier d’une préservation des gamètes et des tissus germinaux. Embryons, ovocytes, spermatozoïdes et tissus germinaux peuvent ainsi être conservés sans dommage jusqu’à ce que les patients libérés de leur maladie puissent envisager de fonder une famille.
Faire un choix éclairé, même chez les plus jeunes
« Si tous les patients ne sont pas candidats ou choisissent de ne pas poursuivre la démarche, tous doivent prendre leur décision après avoir reçu une information exhaustive, juste et compréhensible sur les différentes options. Les droits des patients à envisager leur avenir reproductif doivent être respectés », souligne le rapport qui préconise une information “systématique” des patients ainsi qu’une amélioration du niveau de connaissance du personnel médical amené à prendre en charge ces patients.
Pour les enfants et les adolescents qui “ne se projettent pas encore dans le monde de la parentalité”, une prise en charge spécifique par des équipes pluridisciplinaires incluant des psychologues devrait leur être proposée.