En mai dernier, un rapport de la Haute Autorité de santé listait les principaux facteurs de risque du cancer du sein : l’âge et les antécédents familiaux arrivent en tête.

En France, une femme sur huit sera confrontée au cancer du sein au cours de sa vie. Plus il est détecté tôt, plus ce cancer a des chances de guérir. Dans un rapport publié le 19 mai, la Haute Autorité de santé (Has) liste les facteurs de risques du cancer du sein qui doivent être surveillés de près. Sur 69 critères retrouvés dans la littérature scientifique, voici un résumé de ce qu’elle a retenu :

Facteur de risques majeurs

L’âge est le premier facteur de risque du cancer du sein. En effet, les trois quarts des cancers du sein se déclarent après 50 ans, raison pour laquelle le dépistage organisé par mammographie commence à cet âge-là et va jusqu’à 74 ans.

Facteurs de risques à surveiller

– Les antécédents personnels et familiaux de cancer du sein invasif ou de carcinome canalaire in situ (en dehors de ceux liés à une mutation des gènes BRCA 1 ou 2 qui représentent 15 % des cancers héréditaires) ;

– l’irradiation thoracique médicale à haute dose nécessaire au traitement de la maladie de Hodgkin ;

-la prolifération anormale de cellules du sein comme l’hyperplasie canalaire ou lobulaire atypique et le carcinome lobuluaire in situ.

Selon la Has, ces facteurs sont liés soit à une augmentation majeure du risque de survenue du cancer soit à une augmentation modérée mais associés à un mauvais pronostic. Ils exigent donc un dépistage spécifique.

Facteurs de risques modérés

– Le risque imputable à la prise d’un traitement hormonal substitutif à la ménopause est de l’ordre de 1% ;

– les lésions mammaires non atypiques, prolifératives ou non ;

– la consommation d’alcool et de viandes grasses ;

– le fait de ne pas avoir eu d’enfants, une grossesse tardive, la prise d’une contraception orale ;

– un diabète de type 2 et l’obésité

sont associés à une augmentation modeste du risque de survenue du cancer du sein.

Facteurs de risques non avérés

– La taille des seins ;

– la densité mammaire élevée après la ménopause ;

– le port de soutien-gorge ;

– les déodorants ;

– lle travail de nuit.

Ce facteurs ne sont pas complètement écartés par les experts mais ils estiment que, à l’heure actuelle, les preuves  d’un lien avec le cancer du sein ne sont pas assez solides.

Facteurs de risques nuls

Le port de prothèses mammaires en silicone ne semble pas être un facteur de risque comme on le lit souvent, tout comme la consommation de café, de thé, de pamplemousse, de tomate et le tabagisme, parfois mis en cause.

Effets protecteurs

Une bonne hygiène de vie permet de prévenir le diabète et le surpoids qui sont des facteurs de risques « modestes ou modérés », selon la Has. Les bienfaits de l’activité physique sont démontrés.

A contrario, des facteurs décrits souvent comme étant protecteurs, tels que l’allaitement ou la naissance du premier enfant avant 30 ans, n’ont pas d’effet protecteur, selon la Has.

 

 

CONTROVERSE SUR LE DEPISTAGE : L’AVIS DE LA HAS

« La décision de dépister ou non est en partie déterminée par l’appréciation au niveau individuel et/ou collectif de la balance bénéfice-risque associée à la procédure. Cette décision a été prise, à l’échelle collective, sur la base de la baisse attendue des taux de mortalité par cancer du sein associée au dépistage par mammographie. Or, l’actualisation des méta-analyses et les données en population ont montré que l’impact des programmes sur la mortalité était plus faible qu’attendu dans plusieurs pays ayant mis en place précocement un programme de dépistage.

La balance bénéfice-risque est d’autant plus défavorable que le dépistage concerne des femmes jeunes et/ou sans facteur de risque. Ces résultats ont conduit certains auteurs à recommander une modification des messages adressés aux femmes, mais également des indicateurs de résultats associés au dépistage (avec notamment quantification du phénomène de sur-diagnostic). »