Selon une étude sur les restes à charge – c’est-à-dire la part des dépenses de santé assumée par l’assuré après remboursement de l’assurance-maladie et de la complémentaire santé – effectuée par une sociologue de l’université de Bordeaux II, plus d’une personne sur cinq (22 %) a dû renoncer à certains soins à cause de la diminution des remboursements des dépenses de santé.

Ce renoncement concerne essentiellement les frais dentaires, d’optique, d’appareils auditifs et les consultations de médecins spécialistes (pratiquant des dépassements d’honoraires).

Sonia Purgues a mené ses travaux au premier semestre 2010, durant ses études en master de sociologie, auprès des adhérents de la Mutuelle familiale d’Aquitaine (Mfa), à la demande de cette dernière et de l’association girondine « la Santé, un droit pour tous ». Et ce, dans le contexte général de baisse des remboursements par le régime obligatoire – à travers les forfaits, franchises, dépassements d’honoraires et autres médicaments mal remboursés –, répercutée sur les assurés sociaux et les complémentaires santé.

Reste à charge élevé pour les bas revenus

Sur les 2 000 questionnaires qui ont été envoyés, les réponses – dont le taux est de l’ordre de 11 % – émanaient majoritairement de retraités aux revenus modestes et d’adhérents de longue date.

Si l’étude constate sans surprise que plus les revenus d’un adhérent sont bas, plus il choisira un contrat d’entrée de gamme (moindres garanties) et plus son reste à charge sera élevé, elle révèle également que, paradoxalement, plus le revenu d’un ménage est bas, plus son effort de cotisation est élevé et plus faibles sont les prestations auxquelles il a droit.

Selon l’étude, la cotisation mensuelle représente 4,8 % d’un revenu supérieur à 3 500 euros, mais peut aller jusqu’à 16,9 % d’un revenu inférieur à 1 000 euros ! « Les dépenses de santé accumulées provoquent une restriction des soins, ou leur report dans le temps », explique encore Sonia Purgues.