Trouble du comportement alimentaire (Tca), la boulimie concerne 1,5 % des 11-20 ans et trois fois plus de filles que de garçons. Elle peut avoir des conséquences graves sur la santé physique et psychique. Mais on peut en guérir.

C’est quoi ?

La boulimie se manifeste par des crises durant lesquelles la personne ingère une grande quantité de nourriture, grasse et sucrée, très rapidement, souvent en cachette, sans plaisir, et de manière compulsive, explique la Dr Nathalie Godart, psychiatre. En une demi-heure ou une heure, les malades peuvent ingurgiter la quantité de calories d’une journée. » Ces crises surviennent une à plusieurs fois par semaine au minimum, pendant plusieurs mois. Elles sont immédiatement suivies de stratégies afin d’éviter la prise de poids : laxatifs, diurétiques ou exercice physique intense… « Dans les boulimies simples, le poids est normal. Dans les trois quarts des cas, il est donc difficile de repérer un boulimique », précise la psychiatre. La maladie touche surtout les femmes, adolescentes ou jeunes adultes. « Mais il y a probablement une sous-estimation du nombre d’hommes atteints. »

C’est dans certains secteurs, comme la mode ou le sport de haut niveau, quand la pression sur l’image corporelle est très forte, que l’on trouve souvent des personnes boulimiques.Souvent isolés, incompris, les malades se sentent rejetés et éprouvent un sentiment de honte.

Conséquences graves sur la santé

La boulimie peut avoir des retentissements importants sur la santé, avec la survenue
de problèmes dentaires (liés aux vomissements), osseux, de troubles du cycle menstruel, du sommeil, l’apparition d’un diabète, mais aussi une dépression, des troubles anxieux, addictifs.

Se faire aider

« Il est possible de s’en sortir, souligne Nathalie Godart, mais il faut être patient. Et la prise en charge est pluridisciplinaire. » Le médecin traitant et d’autres soignants doivent être mis dans la boucle : nutritionniste, psychologue, psychiatre, assistant social… Il n’existe pas de médicaments spécifiquement dédiés à la boulimie. Mais, lorsque le patient présente des symptômes de dépression ou d’anxiété, un traitement à base de psychotropes peut avoir des effets positifs.

Enfin, tout au long de la prise en charge, « il est essentiel d’impliquer la famille et l’entourage, qui pourront encourager le malade à parler et à sortir de son enfermement. Leur soutien sera un élément clé dans le processus de rétablissement. »

Fédération française d’anorexie, boulimie : www.ffab.fr
Fédération nationale d’associations liées aux troubles des conduites alimentaires :
0 810 037 037 (prix d’un appel local).

Dr Nathalie Godart, Professeure des universités, Ufr des sciences de la santé Simone-Veil (université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), praticienne hospitalière, Fondation santé des étudiants de France.