L’Organisation mondiale de la santé (oms) classe la sédentarité comme quatrième facteur de risque de décès dans le monde. D’où l’importance d’avoir une activité physique régulière pour vivre plus longtemps et en bonne santé.


On ne bouge pas assez. Selon le dernier baromètre « Sport santé » de la Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire, 21 % des Français adultes n’ont ­jamais fait de sport ou ont arrêté depuis plus de dix ans. Pourtant, toutes les études l’affirment : l’exercice est ­essentiel pour préserver notre capital santé. Un travail prospectif de l’Inserm, publié en 2007, montre qu’avoir une activité physique modérée (durant laquelle on est capable de tenir une conversation) au moins trois heures par semaine ou intense (l’effort est tel que l’on est essoufflé) au moins vingt minutes trois fois par semaine entraîne une réduction du risque de mort prématurée de l’ordre de 30 %. Bouger régulièrement agit, en effet, sur de nombreux paramètres : cela limite le mauvais cholestérol, la prise de poids, et fait baisser la glycémie (taux de sucre dans le sang).

« Chez les sujets à risque élevé, l’activité physique diminue de moitié la possibilité de développer un diabète de type 2, note le Pr Martine Duclos, chef du service médecine du sport et des explorations fonctionnelles au Chu de Clermont-Ferrand et conseillère sports et santé auprès du ministère des Sports. Elle réduit la résistance à l’insuline et améliore le transport et l’utilisation du glucose par les muscles. »

L’activité physique a également une influence bénéfique sur le système cardio-vasculaire en assouplissant les parois des artères. Conséquence directe : le risque d’avoir de l’hypertension artérielle est réduit d’un tiers. Elle favorise aussi la fluidité du sang, ce qui évite la formation de caillots sanguins et facilite la création de nouveaux petits vaisseaux, permettant une meilleure oxygénation des organes et des tissus. Autant de bénéfices qui concourent à prévenir un accident vasculaire cérébral ou cardiaque.

L’exercice physique réduit le risque d’avoir de l’hypertension

Mais ce n’est pas tout. L’exercice physique préserve aussi le capital osseux acquis durant la croissance. « A partir de l’âge de 50 ans, les hommes enregistrent une perte de leur masse osseuse de 1 % par an. Pour les femmes, c’est environ 3 à 5 % pendant les premières années de ménopause, explique le Pr Duclos. Pratiquer une activité sportive à forts impacts sur le sol, comme la course à pied ou la marche rapide, permet au contraire de stimuler la régénérescence des os et de réduire le risque d’ostéoporose. » Rien de tel donc que ce type d’activités pour accroître la résistance du squelette aux contraintes mécaniques et pour prévenir les fractures. Une expertise de l’Inserm constate d’ailleurs que chez les femmes qui marchent au moins quatre heures par semaine le risque de fracture du col du fémur est 40 % inférieur à celui de celles qui font travailler leurs jambes moins d’une heure hebdomadaire. Sans compter qu’après 65 ans se mouvoir aide à préserver la masse musculaire, essentielle pour éviter les chutes et garder sa mobilité et son autonomie.

A la liste des bienfaits, il faut ajouter la prévention de maladies inflammatoires chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde. Autre bonne nouvelle, et pas des moindres : bouger s’avère efficace contre le cancer. Une heure de marche trois fois par semaine réduit de 25 % le risque de survenue de cancers du sein, de la prostate, de l’utérus, du côlon ou du poumon non lié au tabac. Par exemple, en accélérant le transit intestinal, l’exercice diminue la période durant laquelle la muqueuse de l’intestin reste en contact avec des cancérogènes d’origine alimentaire, et donc le risque de cancer du côlon. Concernant la réduction du risque de cancers du sein et de l’endomètre, tous les mécanismes d’action ne sont pas élucidés, mais l’activité physique exercerait un rôle protecteur en diminuant la production d’œstrogènes, en stimulant l’immunité et en empêchant le surpoids, qui est un facteur de risque.
Enfin, si l’exercice est source de bienfaits pour le corps, il l’est aussi pour la tête. En procurant bien-être et estime de soi, il constitue un excellent remède contre le stress, l’anxiété et la dépression, voire les troubles cognitifs : l’amélioration de l’oxygénation du cerveau a un impact certain sur la ­capacité de réaction, d’apprentissage, de raisonnement et sur la mémoire. Selon le Pr Duclos, « on estime, ­actuellement, que l’activité physique régulière pourrait retarder d’une dizaine d’années la survenue de la maladie d’Alzheimer ». Rien que ça.

 

Pourquoi 30 minutes par jour ?

Le Programme national nutrition santé (Pnns) incite à avoir 30 minutes d’activité physique modérée (l’équivalent d’une marche rapide) par jour. Selon les évaluations scientifiques, c’est la durée minimale à partir de laquelle les bénéfices sur la santé se font sentir et, plus pragmatiquement, c’est un chiffre facile à retenir. Le résultat est le même si on fractionne les 30 minutes en trois fois 10 minutes ou deux fois 15 minutes.
Il n’est pas interdit de faire plus, bien sûr. Mais fini la dictature du sport : jardiner, bricoler, faire le ménage, monter les escaliers, porter ses courses, son bois, faire de la bicyclette, descendre du bus deux stations avant son arrêt et terminer le trajet à pied, etc., sont autant d’exercices physiques qui entraînent une dépense énergétique intéressante.

Sport sur ordonnance

A Strasbourg, depuis un an, les personnes souffrant de maladies chroniques peuvent avoir accès gratuitement, sur prescription médicale, à des activités sportives encadrées par un professionnel. Ce dispositif « Sport sur ordonnance », réé par l’agence régionale de santé et la caisse du régime local d’assurance-maladie, a déjà bénéficié à environ 300 patients grâce aux 120 médecins généralistes qui y participent. En septembre dernier, il a été étendu aux personnes atteintes de cancers. L’initiative a fait des adeptes : fin 2013, la ville de Blagnac, en Haute-Garonne, s’est lancée dans l’opération. A quand le sport pour tous remboursé par la Sécurité sociale ?