- Par Anne-Marie Thomazeau

Cafouillage du gouvernement sur les arrêts de travail

©Patrick ALLARD/REA
Agnès Buzyn lance une mission sur les arrêts de travail. Elle durera quatre mois et doit permettre de « proposer un certain nombre d'évolutions « pour enrayer leur augmentation de près de 4 %. Cette mission aura du pain sur la planche. Elle devra en particulier tenter de mettre de l'ordre dans les différents cafouillages du gouvernement sur cette question.

Le Premier ministre Edouard Philippe a missionné mercredi Jean-Luc Bérard, Drh du groupe industriel Safran, et Stéphane Seiller, magistrat à la Cour des comptes, pour faire « un diagnostic » sur l'augmentation des arrêts de travail et proposer des pistes « d'évolutions ». Les arrêts de travail augmentent de 4 % par an, notamment ceux de courte durée. Lors de ses réunions avec les partenaires sociaux ces derniers jours, le chef du gouvernement a rappelé « le caractère insatisfaisant du système actuel » et indiqué « qu'il entendait engager une démarche de concertation avec les partenaires sociaux, ainsi que l'ensemble des acteurs concernés, notamment professionnels de santé, médecins et organismes d'assurance-maladie ».

Ce dossier ne cesse de provoquer des couacs au sein même du gouvernement. Celui-ci avait  envisagé, un temps, de transférer aux entreprises la charge des arrêts de courte durée, semblant suivre en cela les déclarations d'Agnès Buzyn au Jdd en octobre 2017 : « Concernant les arrêts de travail, le montant des indemnités journalières de courte et de longue durée ne cesse d'augmenter, de l'ordre de 5 % l'année dernière. Jusqu'à quand l'assurance-maladie palliera-t-elle les défaillances du management au travail ?»

L'idée visait à faire prendre en charge par les employeurs, à la place de la Sécurité sociale, quatre jours d’indemnités pour les arrêts de moins de huit jours. Soit un surcoût de 900 millions d’euros pour les employeurs du privé. La ministre du Travail Muriel Pénicaud réagissait le 24 juillet contre ce projet, s'érigeant en défenseure des employeurs.  

Dans le même temps, Agnès Buzyn estimait  le 31 août dernier sur Radio Classique que « 15 % de ces arrêts étaient des “abus” », provoquant la colère des médecins, accusés entre les lignes de les prescrire indûment, tandis qu'Edouard Philippe, de son côté, rassurait les patrons du Medef lors leur Journée de rentrée, leur faisant la promesse qu'il n'y aurait pas de « transfert brutal » des charges sur les employeurs. Récemment, il n'hésitait pas à comparer les arrêts maladies à des “congés”.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que sur cette question, le gouvernement n'est pas encore en ordre de marche. Cette mission, si elle veut clarifier la situation a devant elle bien du pain sur la planche. 

 

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