A l’occasion de la 11e Journée mondiale contre l’accident vasculaire cérébral, le 29 octobre, la Fédération nationale France Avc et la Société française neuro-vasculaire (Sfnv) lancent une nouvelle campagne d’information « Avc, vite le 15, et après…La vie continue », sur la prise en charge après un accident vasculaire cérébral. L’enjeu est de taille. Chaque année, en France, environ 130 000 personnes sont victimes d’un Avc, 33 000 en meurent dans le mois qui suit. De plus, la maladie touche de plus en plus de jeunes. Selon une récente étude parue dans la revue médicale The Lancet, assemblant les données fournies par 119 pays, le nombre des Avc a augmenté de 25 % en vingt ans chez les 20-64 ans, portant leur part dans le nombre total d’Avc à 31 % en 2010 contre 25 % en 1990.

L’attaque cérébrale résulte dans 80 % des cas de l’obstruction d’une artère (on parle d’accident ischémique) par un caillot de sang ou un dépôt de graisse. Pour les autres, c’est la rupture d’un vaisseau qui provoque une hémorragie cérébrale. L’accident vasculaire cérébral est une maladie fréquente et grave : il est la troisième cause de décès chez l’homme… mais la première chez la femme ! Il est également la première cause de handicaps acquis chez l’adulte : 500 000 personnes souffrent au quotidien de ses séquelles. Or, si l’on agit vite, les progrès médicaux et technologiques permettent aujourd’hui de mieux traiter la maladie. La France dispose de 115 unités neuro-vasculaires (Unv), des structures spécialisées dans la prise en charge précoce des Avc, et 140 nouvelles devraient voir le jour d’ici à 2014.

Vite, appeler le 15

Pour une prise en charge la plus rapide possible, il faut appeler le Samu dès les signes d’alerte. Encore faut-il les repérer et en reconnaître l’urgence. Plus précisément, c’est la survenue brutale de troubles moteurs ou de la parole qui doit alerter. Ces troubles dépendent de la zone cérébrale lésée, mais, le plus souvent, on observe une déformation ou un engourdissement de la bouche – celle-ci n’est plus symétrique lorsque la personne parle –, une faiblesse d’un côté du corps – lorsque l’on demande à la personne de lever les deux bras devant elle, l’un des bras retombe – ou des difficultés à parler ou à comprendre. Mais on peut aussi ressentir des pertes de l’équilibre, des maux de tête intenses ou une baisse de la vision. Il faut appeler le Samu par le 15 dès l’apparition de ces signes soudains, même s’ils ne sont que passagers. En effet, il se peut que l’obstruction de l’artère cérébrale se résorbe d’elle-même, sans laisser de séquelle. On parle alors d’accident ischémique transitoire, car les symptômes ne durent que quelques minutes avant que tout revienne à la normale. Du coup, cet accident passe soit inaperçu, soit pour un léger malaise. A tort, car dans 20 à 40 % des cas cet épisode passager précède de quelques semaines, voire de quelques heures, un véritable accident vasculaire cérébral.

Comment prévenir les Avc ?

Le vieillissement et les antécédents familiaux d’infarctus du myocarde ou d’Avc rendent certaines personnes plus vulnérables à la survenue d’une attaque cérébrale. Mais cela n’explique pas tout. Certains facteurs de risque liés au mode de vie nuisent à la santé des artères. L’hypertension artérielle arrive en tête : elle multiplie quasiment le risque d’Avc par 9 avant l’âge de 45 ans et par 4 au-delà. Juste derrière, le tabagisme, qui multiplie par 2 le risque. Pour les Avc dits ischémiques, le risque augmente en fonction du nombre de cigarettes fumées par jour. D’autres facteurs interviennent : l’excès de cholestérol dans le sang, le diabète, l’obésité abdominale – évaluée par le rapport tour de taille/tour de hanche –, la consommation d’alcool et le stress. Une alimentation plus riche en fruits et en poisson est associée à une réduction du risque d’Avc. De même, une activité physique régulière diminue d’un tiers le risque d’accident.