Avancée majeure dans le traitement du cancer de la prostate

Selon une étude américaine, présentée à la conférence annuelle de l’American Society of Clinical Oncology (Asco) à Chicago, un nouveau traitement permettrait de prolonger la vie d’hommes atteints d’un cancer avancé de la prostate. Il s’agirait en effet de leur proposer, dès le diagnostic d’un cancer avancé, une chimiothérapie combinée au traitement hormonal standard. Cette bithérapie pourrait prolonger la vie de ces malades d’environ un an.

Le cancer de la prostate est stimulé par des hormones mâles ou androgènes dans le sang, et le traitement hormonal vise à en réduire la quantité. Mais jusqu’ici la chimiothérapie n’est le plus souvent commencée qu’une fois que la maladie a progressé, malgré le traitement hormonal.

L’étude américaine a été menée avec 790 hommes qui venaient d’être diagnostiqués d’un cancer métastasé de cette glande : la moitié des participants a eu seulement une hormonothérapie et l’autre partie a en plus reçu du Docétaxel, un agent chimique déjà ancien qui empêche la multiplication des cellules cancéreuses. Après un suivi de 29 mois, 136 décès ont été enregistrés dans le groupe traité seulement avec la thérapie hormonale et 101 parmi les malades soignés avec en plus une chimiothérapie. Pour toute la durée de l’étude, la durée médiane de survie a été de 44 mois dans le groupe avec le traitement hormonal seul, contre 57,6 mois chez ceux ayant aussi pris du Docétaxel.

« Il s’agit de la première étude visant à identifier une stratégie qui prolonge la vie des personnes venant d’être diagnostiquées d’un cancer métastatique avancé de la prostate, explique le Dr Christopher Sweeney, cancérologue à l’Institut du cancer Dana-Farber à Boston, qui a mené cet essai clinique. Cette thérapie combinée devrait être le nouveau traitement de choix pour les hommes dont le cancer s’est déjà bien propagé. »

« L’étude américaine est clairement une avancée, car c’est la première fois que des patients avec un cancer de la prostate métastatique ont un gain global de survie », souligne le Pr Karim Fizazi, chef du département d’oncologie de l’hôpital Gustave-Roussy, à Paris. L’essai clinique américain « pourrait changer la pratique médicale, tout au moins pour les malades atteint des formes les plus métastatiques de cancer de la prostate », juge le cancérologue. Concernant ceux avec peu de métastases ou ayant une tumeur localisée, il faudra encore attendre plus de résultats des études en cours.