Apporter à des personnes souvent très handicapées – la majorité des patients suivis par l’Emsis sont tétraplégiques ou assimilés – les soins quotidiens nécessaires pour soulager leurs corps meurtris, mais aussi les accompagner sur le plan psychologique afin de les aider à vivre, et les conseiller pour l’adaptation de leur lieu de vie : telle est la tâche, volontairement globale, que se fixe l’Emsis.

Récemment installée dans de nouveaux locaux à Echirolles, l’équipe, dirigée par Marie-France Brun, a été expérimentale pendant cinq ans (2001-2005). Devant son bilan très positif, l’expérimentation a été renouvelée en 2006 par l’autorité de tutelle de l’époque (direction départementale des affaires sanitaires et sociales [Ddass]) et le personnel a été doublé.

« Nous ne concurrençons pas les infirmiers libéraux, explique Marie-France Brun. Nous prenons en charge des personnes dont le handicap est plutôt très lourd, avec des parcours de soins souvent complexes et qui nécessitent un suivi très rapproché. » L’Emsis s’est spécialisée dans le handicap moteur, mais elle est capable d’intervenir auprès de toutes les personnes reconnues handicapées. Celles-ci sont envoyées par des services spécialisés : la maison départementale des personnes handicapées (qui s’appelle maison départementale de l’autonomie dans l’Isère), des services hospitaliers, des réseaux de santé, des assistants sociaux…

L’Emsis intervient aussi dans des foyers de vie gérés par l’Association des paralysés de France (Apf) du département ainsi qu’au foyer dédié aux étudiants en situation de handicap, sur le campus de Grenoble. Les personnels paramédicaux de l’Emsis sont à pied d’œuvre dès 6 heures du matin et jusqu’à 1 h 30, dans la nuit. Ils se déplacent en général en binôme au domicile des patients.

Professionnalisme et humanité

Chantal, cinquante-neuf ans, a intégré l’équipe mutualiste en 2001. « Je n’avais pas de formation spécifique au handicap, en arrivant. J’ai appris au fur et à mesure. C’est parfois dur – l’an passé, nous avons eu plusieurs patients en fin de vie –, et une psychologue dans l’équipe, ce n’est pas de trop. » Marielle est en effet là pour suivre les patients qui le désirent, mais aussi pour soutenir l’équipe dans son exercice quotidien.

Chaque jour, entre 12 h 30 et 13 h 30, les intervenants se retrouvent au grand complet pour effectuer un débriefing, patient par patient. L’équipe d’après-midi peut ainsi adapter son programme pour améliorer des soins. Celle de nuit dresse un bilan de ses interventions, au cours de ces heures, tard le soir, qui sont souvent des moments difficiles pour les personnes suivies. Les éventuels problèmes d’appareillage sont évoqués, avec les solutions à donner. S’il le faut, la psychologue analyse certaines situations ou bien suggère un changement de structure à envisager pour le suivi d’un malade.

Déborah, l’ergothérapeute, est un maillon important de l’équipe. En témoigne Danielle, soixante-huit ans, atteinte de sclérose en plaques depuis trente-cinq ans. Aujourd’hui veuve, elle peut néanmoins continuer à vivre chez elle, grâce aux soins que lui prodigue depuis trois ans l’équipe mutualiste. Des auxiliaires de vie passent aussi régulièrement chez elle. Danielle ne peut plus se mouvoir seule. Elle dispose dans sa chambre d’un système de levage, demandé par l’ergothérapeute. « Elle vient me voir de temps en temps, confie-t-elle, pour adapter mon matériel au fur et à mesure de mes besoins. Elle est de très bon conseil et trouve plein de petites astuces pour améliorer mon confort lorsque je suis assise. Elle m’aide également dans les demandes de matériel lourd. Les dossiers ne sont pas simples à remplir. »

C’est le Chu qui a orienté Danielle vers l’équipe mutualiste et elle s’en trouve très heureuse. « Tout le monde est très gentil, serviable et très compétent. C’est vraiment bien d’être suivi par toute une équipe. »

Emsis, 5, rue Victor-Hugo, 38130 Echirolles.

Tél. 04 76 23 51 40 ;

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