Au boulot aussi, trop de chaleur nuit

Les canicules de certains étés ont aussi mis en évidence la fragilité des salariés, en particulier ceux soumis à des tâches pénibles. L’organisme humain soumis à de fortes chaleurs, même lorsqu’on est jeune et en bonne santé, trinque. Les salariés de certaines branches professionnelles – BTP, mais aussi fonderie, verrerie, manutention – peuvent et doivent alors prendre certaines précautions.
En effet, la température corporelle de l’homme doit rester constante (homéothermie), quel que soit son environnement thermique. Si l’organisme n’est pas préparé (il faut compter au minimum 8 jours pour un acclimatement à de fortes températures), si des précautions ne sont pas prises, les risques pour la santé peuvent ne pas être anodins. En 2003, une quinzaine de décès dus à des coups de chaleur ont été dénombrés. Alors, vigilance!
Sur le lieu de travail, une combinaison de facteurs individuels (âge, santé physique, état de fatigue, dépense physique inhérente à l’emploi…) et collectifs (organisation de l’activité, conditions de travail…) a des incidences sur la santé, aussi bien physique que mentale.

Risques

Crampes, déshydratation, épuisement thermique et coup de chaleur sont les principaux effets sur la santé des fortes températures estivales. Le coup de chaleur n’est pas à prendre à la légère. C’est une urgence vitale. Le niveau 4 dans la gravité de ce type de risques. Il doit être pris en charge rapidement (appeler le Samu) afin qu’il n’entraîne pas de séquelles. Il s’avère mortel dans 15 à 25 % des cas. Les signes d’alerte sont de plusieurs ordres : céphalées, étourdissements; atonie ou fatigue; peau sèche et chaude. Des signes neuro-sensoriels complètent le tableau: désorientation, agitation ou confusion, hallucinations, perte de conscience. Les crampes de chaleur sont parmi les premiers symptômes. Vient ensuite l’épuisement physique.

Organiser différemment le travail

Le danger n’est pas lié à la durée d’exposition à la chaleur. Ce sont les premiers jours de très fortes températures qui sont les plus dangereux. D’où l’utilité d’une adaptation rapide, à la fois individuelle et collective, à ces chaleurs inhabituelles.
Dans nombre de situations repérées à risque (BTP…), l’adaptation de l’organisation du travail est primordiale : éviter les tâches pénibles au moment où les chaleurs sont les plus fortes, se protéger du soleil… Eviter aussi, par précaution, de travailler dans un endroit isolé. Enfin, boire de l’eau, en très grande quantité. Dans le bâtiment, ce sont 3 litres au minimum qui doivent être mises à la disposition de chaque salarié exposé.
Les représentants du personnel, notamment ceux du Chsct, ont toute latitude pour intervenir sur des situations qu’ils jugeraient à risque, comme pour n’importe quel autre cas présentant un risque pour la santé.

L’Inrs a mis en ligne une brochure spécifique sur ce sujet :
www.inrs.fr .