Pour limiter le risque d’importation et d’implantation des maladies dites vectorielles transmises par des moustiques, le ministère chargé de la santé a mis en place un dispositif de surveillance orienté autour de trois grands axes : la détection précoce de la présence des moustiques vecteurs de maladies, une surveillance des cas humains de dengue, chikungunya, fièvre jaune et une sensibilisation des personnes résidant dans les zones où ces moustiques sont présents et actifs.

En piquant une personne ou un animal infecté, un moustique ingère les parasites, virus ou bactéries contenus dans le sang. Après un délai d’incubation de quelques jours, l’insecte contaminé peut transmettre l’agent pathogène à une personne saine à l’occasion d’une autre piqûre.

Dans un contexte de changement climatique et de mondialisation des échanges, les maladies vectorielles ont tendance à apparaître dans des secteurs géographiques épargnés jusqu’alors, ou, comme le paludisme, à réapparaître dans des secteurs où elles avaient disparu. Chaque année, des voyageurs infectés revenant de pays où sévissent ces maladies (Océan Indien, Antilles, Guyane et Asie du Sud-est en particulier), « introduisent » ces virus en métropole. En 2012, on a ainsi dénombré en France métropolitaine 48 cas confirmés, tous importés, dont 42 cas de dengue et 6 cas de chikungunya.

Le moustique Aedes albopictus, communément appelé « moustique tigre » peut véhiculer des virus comme celui du chikungunya, de la dengue et de la fièvre jaune. Il est notamment présent dans les départements français de l’Océan indien où il a provoqué une très importante épidémie de chikungunya en 2006. Sa première installation en métropole a été constatée en 2004 à Menton. A ce jour, il est présent dans 17 départements de la moitié sud de la France.

Certaines espèces de moustiques peuvent également être vectrices du virus West Nile (plusieurs cas d’infections humaine et équine ont été signalés en Camargue et dans le Var en 2003-2004), ou de parasites responsables du paludisme.

L’Anophèle était le vecteur du paludisme en France Métropolitaine et en Corse. Mais à ce jour il n’y a plus de transmission locale du paludisme en France, excepté à Mayotte et en Guyane.

Pour se protéger, moustiquaires, répulsifs et vêtements amples

La lutte contre les moustiques potentiellement vecteurs de ces maladies et leurs larves constitue l’un des principaux moyens d’éviter la transmission des virus. Dans les départements colonisés par le moustique vecteur, un arrêté préfectoral définit chaque année les zones de lutte contre les moustiques, et les actions à mener. En dehors des opérations de démoustication réalisées autour des habitations des malades et autour des établissements de santé et, il n’y a pas d’action systématique de désinsectisation hors contexte épidémique.

En matière de prévention collective, la lutte vise à supprimer les gîtes larvaires à l’intérieur et autour de son habitat (les zones d’eau stagnante comme les dessous de pots, les déchets, les gouttières, etc.) C’est le moyen le plus efficace pour diminuer la densité de moustiques.

Afin d’éviter les piqûres, il existe également des moyens de protection individuels, comme porter des vêtements longs et amples, utiliser des répulsifs, installer des moustiquaires de berceau,… Aucune mesure n’est efficace à 100% ; c’est la somme de mesures individuelles et collectives qui permet de diminuer la transmission. Les particuliers peuvent également signaler l’implantation d’un moustique vecteur autour de leur domicile dans un secteur géographique jusqu’à présent indemne.

Le Ministère de la santé publie à ce sujet deux brochures sur le moustique Tigre : « que faire si vous capturez un moustique et le suspectez d’être un moustique tigre? » et « Nuisances et maladies, ce qu’il faut savoir sur le moustique Tigre ».