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Art et Psychiatrie à l’Epsm des Flandres : un spectacle fort en gueules

Chaos et Renouveau est le thème du 9e festival d’Art et Psychiatrie. Partenaire de la manifestation, la Smh a choisi de soutenir la pièce-choc « Blessés de la face et du dedans » sur les « fous de 14-18 ».

Elle est aussi méconnue que terrible, cette destinée des soldats de la Première Guerre mondiale atteints de troubles post-traumatiques, de névroses de guerre. Terrible, la suspicion de simulation qui prévaut et l’impuissance des médecins, à l’aube de la psychiatrie. Les « blessés sans blessures », les « fous du front » composent un pan oublié de l’histoire.

Dans Blessés de la face et du dedans, Dominique Thomas adapte librement le livre de Raymond Mallet le Pavillon H et le compte rendu du procès Deschamps. Ce poilu revient du front. Il est un « plicaturé » : un mal intérieur le ronge et le plie en deux. Le psychiatre et neurologue Clovis Vincent lui prescrit le traitement réservé à ces malades aux troubles inédits, à savoir de violentes séances d’électrothérapie. Deschamps refuse. Sa résistance le conduira devant le tribunal militaire.

Seul en scène, Dominique Thomas incarne à la fois le poilu et le psychiatre, le patient et le soignant, l’homme de troupe et l’officier. Sans temps morts, nous voilà immergés dans ce huis clos du pavillon H où les images d’archives sont projetées sur le paravent de la consultation. S’y succèdent différents patients du Dr Vincent, jusqu’au chien « débusqueur d’embusqués ».

A l’issue de la pièce présentée deux fois ce 11 octo­bre devant près de 250 personnes à l’Institut de formation de l’Epsm à Bailleul, Dominique Thomas recueille les réactions de la salle et invite au débat. Un moment fort de ce festival.

« Du 4 au 21 octobre, artistes, soignants et soignés se sont attelés à faire revivre à leur manière la mémoire de ces périodes qui ont tant impacté la vie. Sans elles, l’établissement de Bailleul, mais aussi la psychiatrie ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui. » Dominique Verhoest, directrice déléguée de l’Epsm des Flandres-Bailleul résume l’esprit du festival où l’art s’invite dans les différents établissements du département. Depuis son inauguration et le lâcher de pigeons emblématique de la Première Guerre, la retransmission de Nabucco en direct de l’Opéra de Lille, la pièce d’Anne Conti, les nombreuses expositions et présence d’artistes telles que Masha Schmidt, l’édition 2018 d’Art et Psychiatrie a une nouvelle fois montré comment l’art et la création pouvaient donner une image différente de la santé mentale.

Marie-Hélène Olla

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