Les Hôpitaux de Marseille veulent investir pour répondre aux besoins et maîtriser les coûts

Le 2 février dernier, à Marseille, Jean-Paul Segade, directeur général de l’Ap-hm [fn]Assistance publique, hôpitaux de Marseille[/fn], entouré de Guy Moulin, président de la Commission médicale d’établissement (Cme) et de Nicole Chevalier, coordinatrice générale des soins, a fait le point sur la situation financière de l’Ap-hm, sur l’offre de soins répartie au sein des quatre sites hospitaliers marseillais et sur les projets en cours.

« L’Ap-hm poursuit sa politique de réduction du déficit, a expliqué le directeur général. Nous prévoyons le retour à l’équilibre pour 2016, à condition que l’on ne nous impose pas de nouvelles réductions de dépenses de santé ».

L’Ap-hm a déjà économisé 2 millions d’euros par mois depuis 2009 en réorganisant l’hôpital, en modernisant son système de gestion administrative des patients et de facturation des séjours. « Mais, attention, prévient le directeur général, les personnels dits « au lit » du malade ne sont pas concernés par les mesures d’économie ».

Des économies qui ont permis de recruter 43 médecins, 1111 infirmiers et 80 infirmiers spécialisés en trois ans, tout en améliorant la qualité des soins, en développant la recherche mais aussi en procédant à d’importants investissements.

Grands pôles d’activité

Ce sont en effet 300 millions d’euros qui ont ainsi été affectés à la construction d’un bâtiment médico-technique, livré en 2013, sur le site de la Timone. « Nous avons un projet ambitieux qui prévoit la redistribution des activités de soins sur l’ensemble des sites hospitaliers dans un souci de complémentarité. Objectif : améliorer la présence des compétences sur chacun des quatre sites, a indiqué Guy Moulin, président du Cme. Si on ne se place pas dans cette logique de complémentarité, on va à l’encontre du progrès médical. »

Une thématisation des sites avec la constitution de grands pôles d’activités qui se poursuit : la Conception a ainsi vocation à être un hôpital de médecine et de chirurgie ambulatoire et programmée, tourné vers la prise en charge des maladies chroniques liées aux modes de vie. Y seront représentés les pôles maladies rénales de l’appareil urinaire, la médecine interne et l’hémato-oncologie, le Centre des brulés interrégional méditerranéen (Cbirm) et la thérapie cellulaire. A terme, l’endocrinologie et les activités liées aux pathologies cervico-faciales rejoindront l’hôpital de la Conception.

Un « phare médical »

L’hôpital de la Timone va demeurer un centre de références doté d’outils de pointe, avec l’oncologie, les neurosciences, la cardiologie vasculaire et un plateau technique de très haut niveau. C’est en effet le seul au monde à disposer de deux unités de radio-chirurgie Gamma Knife. Le bâtiment médico-technique qui ouvrira ses portes en 2013 abritera un très important service d’urgences destiné selon Guy Moulin, à devenir « un phare médical » pour les Marseillais et les Provençaux. Par ailleurs, la construction d’une maternité de niveau III avec un service de néonatologie et de réanimation néonatale (actuellement présent sur le site de la Conception) va constituer un des pivots de la restructuration de la Timone.

Du côté des hôpitaux Sud, Sainte-Marguerite et Salvator, l’offre de soins va se centrer sur le mouvement et la réadaptation, soit la chirurgie orthopédique, la rhumatologie, l’arthrose, la médecine du sport, la gériatrie mais aussi le pôle psychiatrique universitaire et l’Espace méditerranéen de l’adolescence.

Enfin, l’hôpital Nord, centre hospitalo-universitaire pluridisciplinaire et de proximité a vu la création en son sein du plus grand centre de transplantation pulmonaire adulte français, dont l’activité a augmenté de 52 % en 2011 ; il prévoit de renforcer son service de néo-natologie.

De la « bonne dette »

Après ce passage en revue des affectations des différents sites, Nicole Chevalier, coordinatrice générale des soins a exposé les difficultés persistantes de recrutement d’infirmières et de kinésithérapeutes. Deux métiers « en tension » qui l’ont amenée à développer des mesures incitatives : « Afin de favoriser les recrutements et de fidéliser ces deux catégories de personnel, nous prévoyons de proposer des contrats d’apprentissage à hauteur de 80 % du Smic, ainsi qu’une allocation d’études de 400 euros versée aux élèves infirmières professionnelles ; ces dernières devant s’engager à intégrer l’Ap-hm au terme de leurs études », explique la coordinatrice.

De son côté, André Saccocio, représentant des usagers et membre du conseil de surveillance a exprimé sa satisfaction quant au maintien de la maternité de l’hôpital Nord et a souligné des améliorations notables en matière d’accueil.

« Nous allons poursuivre nos investissements. En tant que service public, s’il est important pour nous d’être à l’équilibre, nous n’avons pas vocation à engranger des bénéfices. L’investissement, c’est donc de la bonne dette, au service des populations » a déclaré le directeur général, avant de conclure sur une boutade : « La véritable notation pour l’hôpital, c’est la confiance des malades. Le « triple A » pour nous, c’est le nombre croissant de patients qui viennent se faire soigner à L’Ap-Hm » !